Quarante communes, un moulin, et deux après-midis pour laisser le vent faire son travail.
À Hauville, le moulin de pierre ouvre ses portes samedi 16 et dimanche 17 mai, de 14 h à 18 h, dans le cadre de “Moulins en fête”. Au programme annoncé : une visite guidée du moulin, pour 3 € par adulte, avec gratuité pour les moins de 16 ans.
La promesse est simple, et c’est précisément ce qui fait son charme. On ne vient pas chercher un grand spectacle. On vient voir un moulin, comprendre comment il tourne, lever les yeux vers ses ailes, entrer dans une mécanique ancienne, regarder les enfants découvrir que la farine n’a pas toujours commencé sa vie dans un paquet en papier.
Le moulin de Hauville a de quoi tenir ce rôle. Construit au XIIIe siècle par les moines de l’abbaye de Jumièges, il est présenté par Roumois Terres Vivantes comme le dernier moulin à vent de la région. Sa restauration, engagée dans les années 1980, lui a rendu ses mécanismes. Sur place, la visite permet de passer de la cave à la girouette, entre engrenages, meules et monte-sac. Ce n’est pas seulement une silhouette patrimoniale : c’est un bâtiment qui raconte encore des gestes.
Il y a aussi la matière du lieu. Une tour en silex et pierre de taille, une couverture en roseaux, un toit capable de pivoter pour orienter les ailes face au vent. Le moulin a même retrouvé récemment une toiture neuve et une girouette restaurée, selon Roumois Terres Vivantes. Pour une fête de printemps, difficile de faire plus symbolique : un vieux monument qui reprend de la hauteur.
Ce week-end, le chiffre rond est aussi une bonne excuse pour regarder au-delà de Hauville. La commune fait partie de Roumois Seine, une communauté de communes qui rassemble 40 communes et un peu plus de 41 600 habitants selon les données INSEE 2021 reprises par l’intercommunalité.
Derrière ce “40”, il n’y a pas qu’un périmètre administratif. Il y a Bourg-Achard, Routot, Hauville, des villages plus petits, des routes entre champs et bourgs, des écoles, des associations, des salles des fêtes, des marchés et des habitants qui passent “juste voir”, puis restent finalement plus longtemps que prévu.
À cette échelle, une fête de village n’est jamais tout à fait anecdotique. Dans un territoire de 40 communes, le lien local ne se fabrique pas seulement dans les délibérations ou les schémas communautaires. Il se fabrique aussi dans ces rendez-vous modestes, quand une famille traverse deux villages pour visiter un moulin, quand un enfant pose une question sur les ailes, quand un habitant redécouvre un lieu qu’il croyait connaître depuis toujours.
Le patrimoine rural a parfois cette force tranquille : il rassemble sans bruit. Il ne demande pas forcément une grande scène, ni des projecteurs. Un guide, une porte ouverte, une mécanique que l’on explique, un peu de vent si la météo veut bien jouer, et le territoire devient soudain plus lisible.
À Hauville, “Moulins en fête” peut donc se lire comme une sortie de week-end, familiale et peu coûteuse. Mais aussi comme une petite carte postale vivante du Roumois : un territoire où les communes ne se ressemblent pas toutes, mais où certains lieux permettent encore de faire commun.
Samedi et dimanche, il suffira de pousser la porte du moulin. On y viendra pour les ailes, les meules et les histoires de meunier. On pourra en repartir avec autre chose : l’impression qu’entre 40 communes, une fête bien choisie peut encore faire tourner un peu plus que du grain.