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À Conteville, dix ans d’assainissement se jouent derrière la facture

Conteville relance pour dix ans la délégation de son assainissement collectif. Un contrat discret, mais concret pour les habitants raccordés.

Réseau d’assainissement communal

On ne pense pas à l’assainissement quand l’évier se vide. On y pense quand une odeur remonte, quand une canalisation pose problème, ou quand la facture arrive. À Conteville, commune d’un peu plus de 1 000 habitants, ce service discret entre dans une nouvelle étape : la commune a publié un avis de concession pour déléguer l’assainissement collectif pendant dix ans.

Le calendrier est déjà fixé. Le futur contrat doit durer 120 mois à compter de sa notification. Les candidatures ou offres sont attendues jusqu’au 19 juin 2026 à midi, avec une visite obligatoire des sites le 2 juin pour les candidats. Ce détail dit assez la nature du sujet : avant de s’engager, il faut voir les ouvrages, les réseaux et les contraintes du terrain.

Pour les habitants raccordés, la question n’est pas seulement de savoir qui exploitera le service. Elle est de savoir ce qui changera, ou non, dans l’entretien, les interventions, la qualité du suivi et la facture. En 2024, l’observatoire national des services d’eau et d’assainissement indiquait pour Conteville un prix de 3,54 € TTC par mètre cube pour l’assainissement collectif, calculé sur une consommation de référence de 120 m³ par an. Cela représente environ 425 € par an pour cette seule part.

Ce chiffre ne dit pas ce que sera le prochain tarif. L’avis publié ne détaille pas encore les travaux attendus ni la formule d’évolution des prix. Mais il donne le bon moment pour poser les questions utiles, avant que le contrat ne soit attribué : qui entretient, dans quels délais l’exploitant intervient, comment le prix évolue, et comment la commune contrôle le service rendu.

Ce n’est pas un changement venu de nulle part. La fiche nationale du service indiquait déjà une gestion en délégation de mars 2014 à février 2026. Le nouvel avis ressemble donc davantage à un renouvellement qu’à une rupture. Un renouvellement reste pourtant un moment important : c’est là que se rejouent la durée du contrat, les obligations demandées à l’exploitant et la manière dont la commune garde la main.

Il faut aussi distinguer les situations. L’avis concerne l’assainissement collectif, c’est-à-dire les habitations raccordées au réseau. Les logements non raccordés relèvent de l’assainissement autonome, avec un contrôle assuré par le service public d’assainissement non collectif de la communauté de communes du Pays de Honfleur-Beuzeville. Les obligations, les factures et les interlocuteurs ne sont pas les mêmes.

Conteville n’est pas un cas isolé dans l’Eure. Le département compte 119 stations d’épuration pour des agglomérations où sont raccordées 202 communes sur 585. Ailleurs, l’assainissement repose sur des installations à la parcelle. Pour les petites communes, c’est une réalité très concrète : des réseaux à entretenir, peu d’usagers pour les financer, et des exigences sanitaires et environnementales qui ne diminuent pas parce que le bourg est petit.

Le nouvel avis ne permet donc pas d’annoncer une hausse, une baisse ou des travaux précis. Il permet déjà de savoir quoi regarder. Avant la signature, l’essentiel tient en quelques points simples : le prix, l’entretien, les délais d’intervention, le contrôle par la commune, et la personne à appeler quand le réseau ne fonctionne plus comme il devrait.