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À Alizay, le vrai test du pôle d’échange commence avant le train

L’Agglo Seine-Eure lance la requalification des abords du pôle d’échange de Pont-de-l’Arche, situé à Alizay.

Illustration - pôle d’échange en travaux

On ne rate pas toujours un train parce qu’il part trop tôt. On le rate parfois parce qu’on a mal compris par où passer, parce que l’arrêt de bus n’est pas évident, parce qu’il faut traverser au mauvais endroit, parce qu’un vélo ou une voiture ne se pose pas simplement là où le trajet en aurait besoin.

C’est cette partie du déplacement que l’Agglo Seine-Eure veut reprendre à Alizay. Un avis publié le 4 mai au Bulletin officiel des annonces des marchés publics porte sur la requalification des abords du pôle d’échange multimodal de Pont-de-l’Arche, situé sur la commune d’Alizay. Derrière le vocabulaire technique, la question est simple: comment passe-t-on, sans galère inutile, du bus au train, du vélo au quai, de la voiture au chemin piéton?

La gare de Pont-de-l’Arche n’est pas une grande gare de centre-ville. C’est une gare de territoire, utile à plusieurs communes voisines: Alizay, Pont-de-l’Arche, Igoville, Pîtres, Le Manoir-sur-Seine, Les Damps ou Léry. Sa fiche SNCF la situe à Alizay et la mentionne ouverte, mais indique aussi une gare « non équipée » pour l’accessibilité. Autour d’un tel lieu, les abords ne sont pas un décor. Ils font partie du service.

La question devient plus concrète encore depuis que l’offre ferroviaire augmente. Pour le service annuel 2025, la Région Normandie a annoncé quatre trajets supplémentaires entre Pont-de-l’Arche et Rouen en semaine, avec huit allers et sept retours par jour du lundi au vendredi. Elle signalait aussi une hausse de trafic de 26 % sur Rouen-Pont-de-l’Arche à fin avril 2024 par rapport à 2023. Quand l’offre augmente, les petits ratés autour de la gare deviennent plus visibles.

Le secteur ne vit pas seulement par le train. Le réseau semo relie Pîtres, Le Manoir-sur-Seine, Alizay, Igoville, Pont-de-l’Arche, Les Damps et Léry jusqu’à la gare SNCF de Val-de-Reuil, avec une correspondance possible vers Louviers au Relais Bus. La ligne régionale Nomad 215, entre Évreux et Rouen, dessert aussi Pont-de-l’Arche, Igoville et la gare SNCF de Pont-de-l’Arche. Sur une carte, cela dessine un maillage. Sur place, tout dépend de détails très pratiques: où attendre, où traverser, où se repérer, comment enchaîner deux modes de transport sans perdre le fil.

L’Agglo Seine-Eure avait déjà inscrit la création d’un pôle d’échanges multimodal à la gare de Pont-de-l’Arche dans son contrat de territoire. Le même ensemble de projets mentionnait aussi le plan vélo, la requalification du centre-bourg d’Alizay et des cheminements doux entre plusieurs pôles existants. Le marché publié aujourd’hui ne sort donc pas de nulle part. Il donne une traduction plus concrète à une ambition simple: faire en sorte que les déplacements ordinaires ne dépendent pas toujours du même réflexe automobile.

Le marché ne dit pas encore, à lui seul, quand les habitants verront les travaux ni quels choix précis seront retenus pour les piétons, les vélos, les bus, l’accessibilité ou le stationnement. Ce sera le point à surveiller. Car dans ce type de projet, la réussite ne se mesure pas seulement à la beauté d’un aménagement neuf. Elle se mesure un matin ordinaire, quand quelqu’un arrive d’Igoville, descend à Alizay, cherche le quai, attend un bus, repart vers Rouen ou Val-de-Reuil, et trouve le trajet assez simple pour le refaire.