Rue du Bouloir d’un côté, chemin des Mathurins de l’autre. À Gisors, la révision allégée n°3 du plan local d’urbanisme ne porte pas sur toute la ville. Elle se joue sur deux terrains bien identifiés. C’est peu en apparence. C’est assez pour toucher à des sujets très concrets: où l’on pourra construire, ce qui restera protégé, et sous quelles conditions.
L’enquête publique est ouverte du 4 mai au 3 juin 2026. Le dossier peut être consulté au service urbanisme de la mairie, 1 rue Boullenger, du lundi au vendredi. Les observations peuvent être inscrites sur registre, envoyées par courrier au commissaire-enquêteur ou transmises par courriel à urbanisme@mairie-gisors.fr. Deux permanences sont prévues, le 4 mai de 9 h à 12 h et le 3 juin de 14 h à 17 h.
Le premier site, rue du Bouloir, est le plus important. Il s’agit d’une unité foncière de 6 000 m² aujourd’hui classée en zone naturelle. La commune propose d’en reclasser une partie en zone urbaine UB, celle des secteurs péricentraux. Environ 600 m² resteraient toutefois en zone naturelle, du côté du parc Frédéric-Passy. Le dossier encadre le projet: petits collectifs plutôt que grand ensemble, maintien d’une lisière boisée, gestion des eaux pluviales sur place, haies favorables au passage de la faune, pas de sous-sol en raison du risque d’inondation.
Le second site est plus modeste, mais l’effet est comparable: une règle change. Chemin des Mathurins, la parcelle AB n°210, d’une surface de 3 371 m², est déjà en zone urbaine pavillonnaire. La révision prévoit d’y supprimer une protection paysagère et naturelle sur environ 1 380 m² afin de permettre un seul lot à bâtir en fond de terrain.
Ce n’est pas le dossier de la ZAC du quartier de la gare, déjà traité à part. Ici, il ne s’agit pas d’un grand projet urbain déjà lancé, mais de la carte qui autorise ou limite les projets. À Gisors, ville de 12 395 habitants en 2022, ce type d’ajustement compte. Le rapport de présentation explique que la rue du Bouloir figure parmi les dernières possibilités de développement dans la zone centrale, alors que d’autres secteurs sont contraints par le risque d’inondation lié à l’Epte.
L’autorité environnementale, de son côté, ne bloque pas le projet mais demande plusieurs clarifications. Pour la rue du Bouloir, elle pointe notamment les capacités d’assainissement, les remontées de nappe, les argiles, les zones humides et la biodiversité. Elle relève aussi que l’étude faune-flore repose sur un seul passage de terrain, effectué hors période de nidification.
Pour les habitants, les bonnes questions ne sont pas forcément techniques. Combien de logements pourraient sortir de terre rue du Bouloir? Quels arbres seraient conservés? Le terrain absorbera-t-il vraiment l’eau de pluie? Les réseaux suivront-ils? Le nouvel accès changera-t-il la circulation du quartier? Sur le chemin des Mathurins, la suppression d’une protection paysagère est-elle anodine ou non pour le voisinage? C’est à ce niveau-là que l’enquête publique devient utile.
La révision allégée n°3 ne bouleverse pas Gisors. Elle met simplement deux terrains sous examen public. Pendant un mois, cela suffit pour aller voir le dossier de près.