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À Vernon, l’Ehpad Auguste Ridou entre dans sa phase de travaux

À Vernon, la restructuration de l’Ehpad Auguste Ridou avance, dans un département où le vieillissement transforme les besoins de soin.

Illustration - Ehpad en rénovation

À Vernon, la restructuration de l’Ehpad Auguste Ridou n’est plus seulement une intention. L’appel d’offres publié fin avril fait entrer le dossier dans une phase opérationnelle, après une mission de programmation lancée en 2024 puis un concours de maîtrise d’œuvre en 2025 pour transformer et rénover l’établissement.

L’enjeu est très concret: Auguste Ridou compte 124 lits, dont 110 en hébergement permanent, 12 en unité Alzheimer, un lit temporaire et un lit de sortie d’hospitalisation. Le site dispose aussi de 6 places d’accueil de jour et de 6 places de répit. Pour Vernon et l’est de l’Eure, ce n’est donc pas un équipement périphérique. C’est un lieu où se croisent vieillissement, retour difficile à domicile, troubles cognitifs, familles aidantes et organisation de l’hôpital.

Le projet a pris une forme plus lisible. En 2024, Vernon Direct évoquait une rénovation entre 2026 et 2028, pour 17,3 millions d’euros, avec un objectif clair: un Ehpad ouvert sur la ville et uniquement composé de chambres simples. Le marché actuel devra confirmer le détail des travaux, mais la direction est nette: adapter le bâtiment à des résidents plus fragiles et à des équipes qui ont besoin d’espaces plus simples à faire fonctionner.

Cette opération arrive au bon moment. Dans l’Eure, l’Insee comptait 120 000 habitants de 65 ans ou plus en 2021, soit 20 % de la population. En 2050, ils seraient 165 000, soit 31,6 %. Le sujet n’est donc pas seulement de créer des places. Il faut aussi rendre les places existantes plus adaptées aux besoins réels.

À Vernon, cela veut dire des chambres individuelles, des circulations plus pratiques, des espaces mieux pensés pour les personnes désorientées, des solutions de répit pour les aidants et une meilleure articulation avec l’hôpital. C’est aussi une réponse locale à un arbitrage plus large déjà visible dans le budget 2026 de l’Eure: quand l’argent public se resserre, les investissements utiles sont ceux qui changent concrètement le service rendu.

Le chantier s’inscrit dans une pression nationale. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, conserver les pratiques actuelles d’entrée en Ehpad supposerait de créer 365 000 places supplémentaires entre 2021 et 2050, en plus des 640 000 existantes en 2021. Sans nouvelles places, les Ehpad accueilleraient surtout les personnes les moins autonomes: 85 % des résidents seraient alors en perte d’autonomie sévère en 2050, contre 59 % en 2021.

Dans ce contexte, Auguste Ridou n’est pas un grand symbole national. C’est un cas pratique: un Ehpad hospitalier de 124 lits, dans une ville moyenne, qui doit rester habitable, soignable et relié à son territoire. Si la restructuration tient ses promesses, le gain se verra dans des choses simples: une chambre plus calme, une sortie d’hospitalisation mieux absorbée, un aidant qui souffle, une équipe qui travaille dans des locaux moins contraints.