À Évreux, la base aérienne 105 ne se contente pas d’entretenir l’existant. Les avis publiés les 20 et 21 avril montrent un site qui continue d’acheter, d’étudier et de préparer la suite. L’un porte sur des missions géotechniques pour la construction d’un hangar de maintenance HM19 ter à Fauville, avec un marché prévu sur 40 mois. L’autre concerne la maintenance des systèmes de contrôle d’accès, de détection d’intrusion et de vidéosurveillance de la base de défense d’Évreux, sur un périmètre qui couvre aussi l’Eure-et-Loir, la Seine-Maritime et la Somme.
Le marché de sûreté donne l’échelle. Il s’agit d’un accord-cadre de services avec un plafond de 20,3 millions d’euros hors taxes sur sa durée totale, attribué à un seul titulaire. Il exige aussi un niveau d’habilitation élevé et s’adresse à des opérateurs déjà solides. Pour les entreprises locales, le message est clair: la base reste un acheteur important, mais les contrats les plus sensibles ne sont pas ouverts à n’importe qui.
Le futur hangar raconte autre chose. Autour de lui, les marchés s’enchaînent déjà: études de sol, assistance technique sur les infrastructures aéronautiques, dimensionnement des structures, vérifications de réalisation, coordination sécurité pour une dépollution pyrotechnique. On voit la mécanique d’un grand site public quand il se transforme vraiment. Avant le chantier visible, il y a toute une série de commandes pour sonder, sécuriser, concevoir et vérifier. C’est là que se joue une part concrète de l’activité pour les bureaux d’études, l’ingénierie et les entreprises spécialisées.
Cette séquence compte parce que la base 105 n’est pas un site secondaire dans l’Eure. Les sources officielles la décrivent comme un ensemble d’environ 2 300 personnels français et allemands. Elle accueille aussi l’escadron binational Rhin/Rhein, appelé à réunir dix C-130J, et cette unité a franchi les 10 000 heures de vol fin 2023. En avril 2026, le ministère annonçait encore l’achèvement d’un nouveau bâtiment d’hébergement après douze mois de travaux. Autrement dit, Évreux n’abrite pas une base figée. C’est un site qui vole, qui héberge, qui entretient et qui continue d’investir.
Le cadre national aide à comprendre ce mouvement. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d’euros, et le ministère met en avant pour 2026 un budget des Armées de 57,1 milliards d’euros hors pensions. À Évreux, cela ne tombe pas du ciel sous la forme d’un seul grand chantier. Cela descend par couches: contrôle d’accès, caméras, études de sol, ingénierie, bâtiments. Ce n’est pas forcément spectaculaire. C’est en revanche très concret pour un territoire où la base continue de faire tourner des commandes, des compétences et du travail spécialisé.