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Budget 2026 de l’Eure: recentrer, couper, tenir

Le Département de l’Eure resserre son budget 2026 autour des routes, des secours, de la santé et des aides ciblées aux communes.

Illustration d’un budget départemental

Budget 2026 de l’Eure: recentrer, couper, tenir

Le budget 2026 de l’Eure assume un tri. Adopté en séance plénière le 10 avril puis présenté publiquement le 13 avril, il affiche 547,6 millions d’euros de dépenses de fonctionnement quasi stables, 596,2 millions de recettes attendues et 139 millions d’investissements recentrés. Le Département met en avant trois priorités: sécurité, santé, ruralité. L’essentiel est là: l’Eure resserre ses choix pour continuer à financer ce qu’elle juge le plus difficile à différer.

Ce choix ne tombe pas du ciel. Dans l’Eure, les dépenses sociales représentent désormais plus de 70 % des dépenses de fonctionnement, selon le Département. Et la pression est nationale: en 2024, l’épargne brute des départements a reculé de 32,2 % et leur épargne nette de 55,4 %, avec 18 départements passés en épargne nette négative. La chambre régionale des comptes avait d’ailleurs prévenu en octobre 2025 que, si cette tendance se prolongeait, la situation de l’Eure deviendrait difficilement soutenable et obligerait à définir des priorités, notamment en investissement. Le budget 2026 est la traduction directe de cet avertissement.

Dans l’Eure, “sécurité” et “ruralité” renvoient d’abord à des services très concrets. Le Département gère 4 214 kilomètres de routes départementales et 806 ouvrages d’art. Son budget 2025 prévoyait déjà 17 millions d’euros pour les chaussées, 1,05 million pour des aménagements de sécurité hors agglomération et 2,55 millions pour la vidéoprotection des routes. Cela aide à lire le budget 2026: avant les projets plus dispersés, la collectivité protège les axes, les ponts, les déplacements quotidiens et tout ce qui évite qu’un territoire rural se dégrade par petits morceaux.

La santé est l’autre priorité qui va au-delà de l’affichage. Ce n’est pas la mission centrale d’un département, mais dans l’Eure le plan Ambition Santé est maintenu à 2 millions d’euros pour 2026. Le dispositif Doct’Eure a assuré 25 500 consultations en 2024, contre 5 400 en 2023, et permis à 2 300 habitants de retrouver un médecin traitant. En 2025, les centres Doct’Eure ont atteint 35 000 consultations. Le problème d’accès aux soins n’est pas réglé, mais ce poste produit assez d’effets visibles pour être protégé quand d’autres reculent.

Le recentrage se voit enfin dans ce qui baisse ou disparaît. Le Département annonce 100 agents de moins d’ici 2030, 10 % de baisse pour les aides aux clubs de haut niveau et à certains partenaires culturels, 32 % de moins pour les structures d’insertion, 50 % de moins pour le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, ainsi que l’arrêt du plan frelons, de l’événement Fertiles et de la version papier de Deux Sept. Même le retour de Mon Village, Mon Amour se fait sous contrainte: enveloppe plafonnée à 5 millions d’euros et un seul dossier par commune. Le budget 2026 ne raconte donc pas une relance. Il fixe un ordre de priorité plus net: tenir les dépenses sociales, les routes, les secours, l’accès aux soins et quelques aides ciblées aux communes.