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Marchés de mi-avril dans l’Eure: les contrats que les PME locales peuvent encore aller chercher

Plusieurs marchés publics encore ouverts dans l’Eure restent accessibles à des PME locales, entre écoles, voirie, logements et espace public.

chantier public dans l’Eure

Marchés de mi-avril dans l’Eure: les contrats que les PME locales peuvent encore aller chercher

Les marchés les plus utiles aux PME de l’Eure ne sont pas forcément les plus gros. Ce sont ceux qu’une entreprise locale peut encore absorber sans se casser les reins sur le calendrier, le dossier ou la taille du chantier. Cette semaine, les vrais dossiers à regarder sont plutôt là: à Évreux, l’aménagement de la cuisine de l’école Paul-Eluard puis son transfert vers le futur groupe scolaire Bois Bohy, avec réponse attendue le 4 mai; à Gaillon, une mission de conception et de suivi pour la rue Riberpray, jusqu’au 12 mai; à Alizay, l’aménagement de l’espace Missak et Mélinée Manouchian, avant le 5 mai à midi, avec trois lots séparés; et à Pont-Audemer, le ravalement de six immeubles, avec des heures réservées à l’insertion, avant le 30 avril.

C’est là que se joue la différence entre un avis publié et un contrat vraiment jouable. Quand un projet est découpé en plusieurs lots, une petite structure peut viser sa spécialité au lieu de porter l’ensemble. Alizay le montre bien, avec un lot pour la voirie et les réseaux, un autre pour les espaces verts et les jeux, un troisième pour les petites constructions du site. Gaillon, de son côté, n’est pas un gros chantier de travaux, mais une mission de préparation et de pilotage. Pour un petit bureau d’études ou une agence technique, c’est beaucoup plus réaliste. À l’inverse, le dossier d’Évreux est plus exigeant. Il court sur trente mois et suppose une entreprise solide, ou plusieurs qui savent répondre ensemble.

Pris ensemble, ces marchés disent quelque chose de simple sur la dépense publique locale. Dans l’Eure, ce printemps, l’argent public part surtout dans ce qui fait tenir le quotidien: une cuisine scolaire, une rue, une place, des façades de logements. On est moins dans le grand projet vitrine que dans la remise à niveau de l’existant. Pour les petites entreprises, ce n’est pas secondaire. C’est souvent là que se fabrique l’activité réelle. En 2024, les petites et moyennes entreprises ont obtenu 63 % des marchés publics locaux en nombre en France. Et dans l’Eure, la construction représente 5 651 établissements économiquement actifs. Ce type de contrats pèse donc bien plus qu’il n’en a l’air.

Il arrive aussi à un moment où le secteur n’a pas trop de marge. En Normandie, les créations d’entreprises dans la construction ont encore reculé de 3,1 % en 2024, pour la troisième année de suite. Et les défaillances ont fortement remonté dans le secteur en 2023, avec une hausse de 44,4 % dans la région. Cela ne veut pas dire qu’un marché de cuisine scolaire va sauver le bâtiment eurélien. Ce serait absurde. En revanche, pour une PME, quelques contrats bien calibrés peuvent remplir le carnet, garder une équipe en place et éviter de dépendre d’un seul gros donneur d’ordre privé qui décale encore ses décisions.

L’autre changement est plus discret, mais il va compter de plus en plus. Répondre à un marché public ne se résume déjà plus à proposer un bon prix. Les acheteurs doivent désormais publier davantage de données, ce qui aide à mieux suivre les contrats. Et d’ici août 2026, l’environnement devra entrer dans tous les marchés publics, non seulement dans la manière d’exécuter le contrat, mais aussi dans le choix de l’offre. Pour les plus gros contrats, une dimension sociale devra aussi être prévue. On en voit déjà le début à Pont-Audemer. La fenêtre reste donc ouverte pour les PME de l’Eure, mais pour celles qui veillent, qui répondent vite, et qui ont compris qu’aujourd’hui il ne suffit plus d’être moins cher. Il faut aussi être prêt.