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À Saint-André-de-l’Eure, l’école devient une politique de territoire

Le futur campus éducatif de Saint-André-de-l’Eure regroupe écoles, loisirs et rénovation énergétique dans un même pari de petite ville.

Illustration - école en petite ville

À Saint-André-de-l’Eure, le futur campus éducatif ne se résume pas à un nouveau bâtiment. Le marché de travaux publié le 10 avril fait avancer un projet plus large: regrouper sur le site du Château Drouet les classes élémentaires aujourd’hui réparties sur deux sites, agrandir le centre de loisirs et revoir les accès pour éviter aux enfants des allers-retours inutiles entre école, cantine et périscolaire. La commune a déjà sécurisé 3 millions d’euros d’emprunts auprès de la Banque des Territoires, dont 2,16 millions pour la construction et 840 000 euros pour la rénovation énergétique. L’ensemble est prévu pour 375 élèves dans 16 classes.

Le dossier dépasse pourtant le seul cadre scolaire. Saint-André-de-l’Eure compte 3 903 habitants. Sa population recule légèrement et le nombre de naissances domiciliées est passé de 51 en 2015 à 27 en 2024. Mais la commune reste un petit centre de services, avec trois écoles et un collège. Dans ce type de ville, investir dans l’école, ce n’est pas seulement gérer des salles de classe. C’est essayer de garder des familles, de simplifier la vie quotidienne et de ne pas laisser s’éroder un des rares services qui structurent encore le territoire.

Le chantier raconte aussi autre chose: la pression qui monte sur les bâtiments scolaires partout en France. Les écoles représentent près de la moitié de la surface du patrimoine des collectivités et autour de 30 % de la consommation d’énergie des bâtiments communaux. Seule une minorité respecte les standards de basse consommation. Autrement dit, continuer avec un bâti dispersé, vieillissant et énergivore coûte de plus en plus cher. À Saint-André-de-l’Eure, la commune annonce plus de 85 % d’économies d’énergie finale, un chauffage par géothermie, des extensions en bois, de la paille pour l’isolation et une gestion des eaux pluviales sur place. Là encore, le sujet n’est pas décoratif. C’est une manière de réduire durablement les charges.

L’école elle-même a changé. Le projet prévoit un dispositif Ulis, destiné à l’inclusion des élèves en situation de handicap, ainsi que d’autres formes d’accompagnement spécialisé. À l’échelle nationale, plus de 11 000 dispositifs de ce type existaient à la rentrée 2025. Cela change la façon de concevoir un établissement. Il ne s’agit plus seulement d’aligner des classes, mais de prévoir des locaux, des circulations et des usages adaptés à des besoins plus divers.

C’est pour cela que ce chantier mérite mieux qu’un simple traitement de commande publique. À Saint-André-de-l’Eure, l’école devient à la fois un service public, un poste de dépense stratégique et un outil d’attractivité. Le message est clair. Dans les petites villes, tenir le territoire commence souvent là: dans des bâtiments scolaires moins dispersés, moins coûteux à faire tourner et mieux adaptés à la vie réelle des familles.