Dans l’Eure, la fin de la 2G et de la 3G ne vise pas seulement les vieux téléphones. Elle peut aussi rattraper des alarmes, des interphones, des dispositifs de téléassistance, des systèmes de chauffage pilotés à distance et d’autres équipements qu’on ne regarde jamais tant qu’ils marchent. La préfecture a alerté le 7 avril sur une extinction progressive à partir de septembre 2026.
Le calendrier est désormais assez clair pour agir. Chez Orange, et donc pour la 2G de Free Mobile en métropole, la généralisation de l’arrêt est annoncée de fin septembre à fin décembre 2026. Chez SFR, la 2G doit s’éteindre entre le 15 et le 30 novembre dans les zones très denses, puis du 1er au 15 décembre sur l’ensemble de la métropole. Chez Bouygues Telecom, l’arrêt commence le 15 novembre dans quelques villes pilotes avant une généralisation du 1er au 15 décembre. La 3G suivra plus tard, entre fin 2028 et fin 2029 selon les opérateurs.
Le point important est ailleurs. Pour les usagers correctement équipés, cette bascule ne devrait pas provoquer un grand recul de couverture. Plus de 99,8 % des sites 2G et 3G sont déjà équipés de 4G, qui couvre plus de 99,9 % de la population métropolitaine. Le vrai risque n’est donc pas de se réveiller sans réseau. Le vrai risque est de découvrir trop tard qu’un appareil encore en service dépend d’une technologie déjà sortie du jeu.
Le problème n’a rien d’anecdotique. Fin décembre 2025, l’Arcep comptait encore 5,2 millions de cartes SIM dans des terminaux limités à la 2G seule ou à l’ancien couple 3G-2G. Sur ce total, 2,4 millions concernaient les téléphones, tablettes et usages classiques, et 2,82 millions des équipements techniques qui communiquent sans qu’on y pense tous les jours. Le vieux réseau ne porte plus le gros du trafic, mais il tient encore une partie de l’arrière-cuisine numérique du pays.
Pour les particuliers, vérifier le logo 4G ne suffit pas. Un téléphone peut capter la 4G et rester incapable de passer ses appels dessus. Ce qu’il faut vérifier, c’est la compatibilité avec les appels sur 4G, parfois activable par une mise à jour logicielle ou un réglage. Pour les petites entreprises, les syndics, les bailleurs, les communes ou les établissements de santé, la question est plus large encore. Les services de l’État citent noir sur blanc les alarmes connectées, la télésurveillance, la téléassistance, les interphones, les visiophones, la gestion de l’eau, le chauffage piloté à distance et les téléalarmes d’ascenseurs parmi les équipements encore concernés.
Ce mouvement n’a rien de local. Les opérateurs ferment des réseaux devenus trop anciens, plus énergivores et moins sûrs, pour récupérer des fréquences au profit de la 4G et de la 5G. Dans l’Eure, la bonne question à se poser maintenant n’est donc pas seulement « est-ce que mon téléphone marche encore ? ». C’est « qu’est-ce qui, chez moi, dans mon immeuble, dans mon commerce ou dans mon activité, dépend encore d’une vieille carte SIM ? » Ce n’est pas un sujet de panne générale. C’est un sujet d’inventaire. Et mieux vaut le faire avant l’automne.