Dans l’Eure, la saison des pollens a commencé. Évreux Portes de Normandie l’a signalé le 7 avril et renvoie vers l’indice pollen d’Atmo Normandie, consultable au niveau communal. Pour les personnes allergiques, le sujet n’est pas seulement de voir revenir les symptômes. C’est de comprendre que la saison se joue en plusieurs temps.
En Normandie, les pollens les plus allergisants sont d’abord ceux du bouleau et des graminées. S’y ajoutent notamment le noisetier, l’aulne, le frêne et le chêne. En clair, avril ne marque pas la fin du problème mais l’entrée dans une succession de vagues. Beaucoup de personnes commencent avec les arbres et enchaînent ensuite avec les herbes. Le vrai risque, c’est de croire que le plus dur est passé alors que la suite arrive.
Ce n’est pas qu’un inconfort de saison. En France, les allergies respiratoires concernent environ 20 % des enfants de plus de 9 ans et 30 % des adultes. Derrière le nez qui coule et les yeux qui piquent, il y a aussi des nuits coupées, des journées de travail plus pénibles, du sport plus difficile et, pour certains, de l’asthme. Le printemps n’envoie pas tout le monde au tapis, mais il complique très concrètement la vie de millions de gens.
Le changement utile, lui, est ailleurs: on n’est plus condamné à deviner. L’indice pollen diffusé par Atmo France et les associations régionales de surveillance de l’air est mis à jour chaque jour et suit, à l’échelle de la commune, les grands pollens les plus fréquents et les plus allergisants. Pour les habitants de l’Eure, cela change quelque chose de très simple: on peut regarder le risque avant d’organiser sa journée, et pas après coup.
Le bon réflexe n’est donc ni de minimiser, ni de dramatiser. Il faut agir tôt. Respecter son traitement, se changer en rentrant, se rincer les cheveux le soir, éviter de faire sécher le linge dehors, aérer plutôt tôt le matin ou tard le soir, et limiter la tonte, le jardinage ou le sport dehors lors des pics reste la base. Dans l’Eure, la saison commence. Le plus intelligent n’est pas de subir en serrant les dents, mais d’adapter ses habitudes pendant qu’il est encore temps.