Article

Autour de Pacy et d’Évreux, la fragilité touche aussi les activités techniques

Autour de Pacy-sur-Eure et d’Évreux, plusieurs défaillances rappellent que la fragilité gagne aussi l’ingénierie, le solaire et les services numériques.

Illustration - bureau technique anonyme avec plans, enveloppes et ordinateur

Début avril, les annonces publiées autour de Pacy-sur-Eure et d’Évreux racontent plus qu’une série de petites chutes isolées. VENETEC, bureau d’ingénierie installé à Pacy-sur-Eure, a vu s’ouvrir une procédure de redressement judiciaire, publiée le 31 mars. Nos Idées de Sorties, plateforme lancée en 2024 à la même adresse, a été liquidée le même jour. Artech Solaire, à Angerville-la-Campagne, positionnée sur le solaire, les pompes à chaleur et les bornes de recharge, figure elle aussi dans les procédures récentes. Et aiR 8, à Clef Vallée d’Eure, rappelle au passage qu’il faut lire ces avis avec prudence: la publication du début avril ne signalait pas une chute neuve, mais une étape d’une liquidation ouverte depuis juin 2025.

Ce qui rend cette séquence intéressante, ce n’est pas sa taille. C’est son profil. On ne parle pas seulement de commerces usés ou de petites activités de bord de route. On parle d’ingénierie, de réseaux, d’équipements liés à la transition énergétique, de services numériques. Bref, d’activités que l’Eure est censée garder et faire grandir. Le signal reste modeste, donc il ne faut pas en faire une vague artificielle. Mais il est net: dans l’est et le centre du département, la fragilité touche aussi des entreprises qui servent à faire tourner, équiper ou moderniser le reste de l’économie locale.

Les chiffres nationaux vont dans le même sens. À fin février 2026, la Banque de France comptait 69 392 défaillances d’entreprises sur douze mois. La construction reste de très loin le plus gros bloc, avec 14 534 défaillances, mais les hausses restent fortes dans le transport et l’entreposage, dans l’information et la communication, et dans les services aux entreprises. En parallèle, les créations restent élevées: près de 1,19 million sur douze mois en France, et 7 300 dans l’Eure en 2025, en hausse de 5,2 %. Le problème n’est donc pas que plus personne n’entreprend. Le problème est plus sec: beaucoup de petites structures restent trop minces pour encaisser un retard de paiement, un marché qui tarde, ou quelques mauvais mois de suite.

C’est là que le sujet devient localement sérieux. Quand une petite structure technique cale, ce n’est pas seulement une ligne de greffe. Ce sont des clients qui doivent trouver ailleurs, des compétences qui sortent du territoire, et parfois un maillon utile qui disparaît sans bruit. Autour de Pacy et d’Évreux, le vrai avertissement n’est pas celui d’une grande casse spectaculaire. Il est plus concret. L’Eure continue de faire naître des entreprises. Elle a plus de mal à les stabiliser. Et quand ce sont des bureaux d’études, des installateurs ou des intermédiaires numériques qui décrochent, le trou laissé derrière eux est tout sauf théorique.