À partir du 1er avril, les habitants de l’Agglo Seine-Eure peuvent à nouveau demander une aide pour faire détruire un nid de frelons asiatiques. La procédure passe par un signalement, l’envoi de photos, des précisions sur l’emplacement et la hauteur du nid, puis par l’intervention d’un professionnel agréé. L’aide peut aller jusqu’à 80 euros par nid.
Le sujet n’a plus rien d’anecdotique. En 2025, 610 nids ont été détruits sur le territoire de Seine-Eure pour un coût de 48 800 euros. On ne parle donc plus de quelques interventions ponctuelles, mais d’un dispositif régulier, avec budget, prestataires référencés et prise en charge publique.
Le reste à payer pour les habitants varie toutefois fortement selon la hauteur du nid et selon la collectivité concernée. Dans l’Eure, la participation financière du Département est de 30 % du coût de l’intervention, dans la limite de 30 euros. Le coût moyen grimpe vite: autour de 100 euros pour un nid à moins de 5 mètres, puis souvent entre 130 et 200 euros jusqu’à 15 mètres, davantage encore lorsqu’une nacelle ou un accès particulier sont nécessaires. Seine-Eure a donc choisi de compléter plus fortement que le seul dispositif départemental.
L’effet économique commence à être visible. À l’échelle de Seine-Eure, la facture de destruction atteint déjà près de 50 000 euros par an. À l’échelle nationale, le projet de plan gouvernemental estime que le frelon à pattes jaunes peut représenter près de 12 millions d’euros de pertes directes par an pour la filière apicole, hors préjudices indirects, en affaiblissant les colonies et en augmentant fortement le coût de renouvellement du cheptel. Le sujet n’est donc plus seulement celui d’une nuisance de jardin. C’est aussi une charge pour les collectivités et une pression économique sur l’apiculture.
Le cadre commence pourtant à évoluer. Une loi adoptée en mars 2025 a prévu la mise en place d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique, décliné ensuite dans chaque département. Le projet de plan national a été lancé par le gouvernement le 27 mars 2026. Cela marque un changement de logique: le sujet n’est plus traité seulement par une addition d’aides locales, mais par une doctrine plus structurée, avec des priorités différentes selon le niveau d’invasion.
C’est un point important, car la destruction systématique de tous les nids n’est plus présentée comme la seule réponse. Dans les zones encore peu touchées, elle reste prioritaire. Dans les zones plus densément colonisées, le projet de plan met davantage l’accent sur le piégeage de printemps et la protection des ruchers. Il rappelle aussi qu’un nid détruit tardivement, après le départ des fondatrices, n’a plus le même intérêt.
L’aide proposée par Seine-Eure reste donc très utile pour les habitants confrontés à un nid proche d’une maison, d’un jardin ou d’un lieu fréquenté. Mais elle s’inscrit désormais dans un problème plus durable. Le frelon asiatique n’est plus une surprise saisonnière. C’est une charge régulière pour les particuliers, pour les intercommunalités et, de plus en plus, pour l’action publique elle-même.