DDu lundi 30 mars au vendredi 3 avril, un peu plus de 100 collégiens de l’Eure parcourent près de 200 kilomètres en relais, de Gisors à Pont-Audemer, en sept étapes d’environ 30 kilomètres. Le départ a été donné au collège Victor-Hugo de Gisors. Le parcours doit ensuite passer par Vernon, Les Andelys, Val-de-Reuil, Évreux, Le Neubourg et Montfort-sur-Risle.
Les participants sont des élèves de 5e, 4e et 3e inscrits à l’association sportive de leur établissement, encadrés par des professeurs d’EPS et des agents du Département. En parallèle, plusieurs centaines d’élèves de 6e participent à des ateliers autour de l’usage du vélo au quotidien.
L’opération s’inscrit dans la Semaine olympique et paralympique, pensée pour prolonger l’élan des Jeux de Paris 2024 et encourager les jeunes à bouger davantage. Dans l’Eure, le Département y associe un objectif plus concret: promouvoir le vélo à la fois comme pratique sportive et comme mode de déplacement. Le parcours emprunte d’ailleurs des itinéraires cyclables balisés, notamment ceux de l’Eure à vélo et de La Seine à Vélo.
Le sujet dépasse donc la seule animation scolaire. L’Eure revendique aujourd’hui plus de 700 kilomètres d’itinéraires cyclables balisés. L’offre progresse. Mais la difficulté n’est pas seulement de créer des kilomètres. Elle est de faire durer l’usage.
C’est particulièrement visible au moment de l’entrée au collège. À l’échelle nationale, l’apprentissage du vélo progresse fortement à l’école primaire, notamment avec le dispositif “Savoir rouler à vélo”. Pourtant, une fois au collège, l’usage quotidien baisse nettement. Les freins sont connus: sécurité perçue, discontinuités des aménagements, manque de stationnement, poids des habitudes familiales. Le problème n’est pas tant d’apprendre à rouler que de continuer à rouler.
Sous cet angle, le relais eurois montre à la fois une possibilité et une limite. Il montre qu’un territoire peut être traversé à vélo par des adolescents. Mais il le montre dans un cadre sécurisé, encadré et exceptionnel. Or les trajets qui comptent vraiment sont les trajets ordinaires: aller au collège, rentrer chez soi, circuler sans adulte, tous les jours ou presque.
Un parcours de 200 kilomètres sur cinq jours ne changera pas à lui seul les mobilités quotidiennes dans l’Eure. Il ne corrigera ni les points noirs du réseau, ni les arbitrages des familles, ni l’écart entre les itinéraires de loisir et les trajets scolaires. Mais il met le doigt sur le moment où tout se joue: l’âge où l’autonomie à vélo peut soit s’installer, soit disparaître.
De ce point de vue, le relais organisé cette semaine n’a rien d’anecdotique. Il ne marque pas une bascule. Il sert plutôt de test grandeur nature, au moment précis où les habitudes de déplacement commencent à se fixer.