Entre le 6 décembre 2025 et le 28 février 2026, Arbora Lumina a attiré 68 184 visiteurs au domaine d’Harcourt. En trois mois d’hiver, le parcours a donc dépassé la fréquentation annuelle du site en 2022.
La montée en charge a été rapide. Au 10 janvier, le Département annonçait déjà plus de 48 000 billets vendus, dont 34 000 sur le seul mois de décembre. La jauge a ensuite été relevée de 100 à 120 visiteurs toutes les quinze minutes. Plus de 5 400 enfants de moins de six ans sont aussi entrés gratuitement. Le parcours ne s’est donc pas contenté d’un bon lancement. Il a tenu sur toute la saison.
L’écart apparaît encore mieux avec l’historique récent du domaine. En 2022, Harcourt avait totalisé 63 091 visiteurs sur l’ensemble de l’année. En 2023, le site avait déjà retrouvé de l’élan avec 11 400 visiteurs aux Médiévales et 40 700 à Merveilleux 2. Arbora Lumina pousse cette logique beaucoup plus loin.
Le projet s’inscrit dans une stratégie engagée avant l’ouverture. Le Département a fermé le domaine une partie de 2025 pour des travaux majeurs et affichait déjà un objectif de montée en fréquentation, avec l’ambition de faire passer Harcourt d’environ 35 000 visiteurs par an à 150 000. Le parcours nocturne en faisait partie, avec la viabilisation du site, une nouvelle aire de stationnement et la poursuite de la restauration du château et du châtelet. En mars 2025, la collectivité annonçait 7,1 millions d’euros d’aménagements sur 2025 et 2026, auxquels s’ajoutaient 1,5 million d’euros pour le monument. Le parking devait passer de 80 à 300 places, avec des emplacements pour les bus.
Le résultat valide au moins une première hypothèse: Harcourt n’est plus pensé uniquement comme un site de promenade ou de visite en belle saison. Le domaine sert désormais aussi à attirer du public en hiver, à étaler la fréquentation et à rentabiliser plus largement les investissements d’accueil.
Le Département met aussi en avant un signal financier. La collectivité affirme avoir dépassé 750 000 euros de chiffre d’affaires et atteint dès cette première saison un objectif de retour à l’équilibre initialement annoncé sur trois ans. Ce point reste à lire avec prudence. Les documents publics disponibles ne détaillent pas la structure des coûts ni la part exacte de la billetterie, de la restauration ou des autres recettes.
Les retombées hors du domaine restent elles aussi à documenter. À ce stade, les données publiques confirment le succès du site lui-même, mais pas encore celui de son environnement économique immédiat. Ni l’origine géographique des visiteurs, ni l’effet précis sur les hébergements, les restaurants ou les commerces des environs ne sont détaillés.
Le point acquis est plus simple. Harcourt a trouvé, dès sa première saison, une formule capable d’attirer massivement en basse saison sur un grand site patrimonial rural. La question n’est plus celle du lancement. Elle est désormais celle de la durée.