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Grippe aviaire dans l’Eure : ce qui change pour les élevages et les basses-cours autour de Juignettes

Un foyer confirmé à Juignettes a placé plusieurs communes de l’ouest de l’Eure sous restrictions. Ce que cela change pour les élevages, les basses-cours et la circulation des oiseaux.

Un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été confirmé à Juignettes le 13 mars. Depuis, plusieurs communes de l’ouest de l’Eure vivent sous restrictions sanitaires. Pour les élevages concernés, les conséquences sont immédiates. Pour les particuliers qui gardent quelques poules, canards ou autres oiseaux, le sujet est moins visible, mais il les concerne aussi.

Comme toujours dans ce type de situation, l’administration sanitaire a tracé deux périmètres autour du foyer. Le premier est une zone de protection de 3 kilomètres. Le second est une zone de surveillance, entre 3 et 10 kilomètres. Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’une simple mise sous observation. Ces périmètres déclenchent des règles concrètes sur les mouvements d’oiseaux et sur la surveillance des sites qui en détiennent.

La zone de protection concerne Juignettes, Les Bottereaux, Chambord et Saint-Antonin-de-Sommaire. La zone de surveillance couvre Ambenay, Les Baux-de-Breteuil, Bois-Anzeray, Bois-Arnault, Bois-Normand-près-Lyre, Chéronvilliers, La Haye-Saint-Sylvestre, Mesnil-Rousset, Neaufles-Auvergny, La Neuve-Lyre, Notre-Dame-du-Hamel, Rugles, La Vieille-Lyre, ainsi que Saint-Pierre-du-Mesnil, Gisay-la-Coudre et La Barre-en-Ouche, trois communes déléguées de Mesnil-en-Ouche. Le périmètre déborde aussi sur l’Orne.

Dans ces zones, la contrainte la plus immédiate est l’interdiction des mouvements de volailles et d’autres oiseaux captifs, sauf dérogation. Pour les élevages, cela bloque les flux habituels et place l’activité sous surveillance renforcée. Les autorités poursuivent aussi les contrôles dans les établissements qui détiennent des oiseaux, afin d’écarter tout nouveau foyer ou toute suspicion voisine.

Le point le moins bien perçu concerne les basses-cours. La grippe aviaire ne se limite pas aux grands élevages. Les oiseaux détenus à titre non commercial entrent eux aussi dans le champ de la prévention. Depuis le 22 octobre 2025, le niveau de risque lié à l’influenza aviaire reste classé élevé sur l’ensemble du territoire national. Le foyer de Juignettes ajoute donc des restrictions locales dans un cadre sanitaire déjà renforcé. Pour les particuliers, cela implique la mise à l’abri quand elle est requise, la surveillance quotidienne des animaux et une attention immédiate en cas de mortalité anormale ou de comportement inhabituel.

Pour l’être humain, le risque reste faible. Aucun cas humain n’a été détecté en France à ce jour et aucune transmission interhumaine n’a été observée. Les autorités rappellent aussi que la consommation de viande, d’œufs, de foie gras et plus largement de produits alimentaires à base de volaille ne présente pas de risque. Le sujet n’est donc pas alimentaire. Il porte sur la circulation du virus chez les oiseaux et sur les restrictions imposées autour des foyers.

La levée des mesures ne dépend pas d’une date déjà arrêtée. Elle suit des délais minimaux et des étapes sanitaires. La zone de protection ne peut pas être levée avant au moins 21 jours après les opérations préliminaires de nettoyage et de désinfection du dernier foyer concerné, sous réserve de contrôles favorables. Ensuite, les communes restent encore dans le régime de la zone de surveillance, qui ne peut pas être levée avant un minimum de 30 jours, là encore sous conditions.

L’épisode de Juignettes s’inscrit dans une pression plus large. Au 20 mars, la France comptait déjà 121 foyers dans des élevages commerciaux pour la saison 2025-2026. Lors de la crise 2021-2022, 22 millions de volailles avaient été abattues, pour un coût économique estimé à 1,1 milliard d’euros. Depuis octobre 2023, la vaccination des élevages de canards de production a permis un net recul des foyers, avant une remontée des cas depuis l’automne 2025.

Dans l’Eure, il n’existe pas encore de chiffrage public précis du coût local. Mais l’effet concret est déjà là: des mouvements bloqués, des contrôles renforcés et une activité agricole suspendue à l’évolution sanitaire des prochaines semaines.