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Municipales dans l’Eure : 110 voix à Louviers, douze sièges à l’agglo

Dans l’Eure, le second tour n’a pas bouleversé les mairies. Mais il a fixé les rapports de force dans les intercommunalités.

Urne et conseil municipal

À Louviers, 110 voix ont séparé François-Xavier Priollaud de Philippe Brun. Sur le papier, c’est un duel serré : 3 052 voix contre 2 942. Mais dans la colonne voisine, celle des sièges communautaires, l’écart change de nature. La liste du maire sortant obtient douze des quinze sièges de Louviers à l’Agglo Seine-Eure.

C’est le ressort le plus parlant de ce second tour dans l’Eure. Le 22 mars, neuf communes restaient en jeu : Bernay, Combon, Évreux, Gaillon, La Chapelle-Hareng, Les Andelys, Louviers, Pullay et Terres de Bord. Aucune grande bascule départementale n’en est sortie. Mais plusieurs villes ont fixé, derrière leur conseil municipal, la place qu’elles occuperont dans les intercommunalités.

À Évreux, Guy Lefrand conserve la mairie avec 34,58 % des suffrages exprimés dans une quadrangulaire. Il obtient 29 sièges municipaux, dont 28 au conseil communautaire. Le score en voix reste disputé, avec Samuel Brigantino à 30,65 %, Gérard Silighini à 22,12 % et Eugénie Petitjean à 12,66 %. Dans Évreux Portes de Normandie, la ville centre garde donc un maire très installé et une délégation décisive.

Le même mécanisme se lit ailleurs, sous des formes différentes. À Bernay, Marie-Lyne Vagner l’emporte avec 48,56 % et prend douze des seize sièges communautaires de la commune. À Gaillon, Odile Hantz atteint 52,55 % et obtient quatre des cinq sièges envoyés à Seine-Eure. Aux Andelys, Frédéric Duché gagne avec 45,18 % dans une triangulaire et place cinq élus sur sept à Seine Normandie Agglomération.

Ces chiffres ne sont pas qu’une affaire d’initiés. Ils disent qui portera la voix des communes sur des sujets très concrets : déchets, eau, habitat, zones d’activité, mobilités, équipements publics. L’écharpe se voit en mairie. Une bonne part des arbitrages, elle, se compte aussi à l’agglo.

L’autre nouveauté se joue dans les petites communes. Depuis la réforme de 2025, les communes de moins de 1 000 habitants votent elles aussi au scrutin de liste. Le panachage a disparu : on ne compose plus son conseil nom par nom, on choisit une équipe.

Dans l’Eure, cela donne des scrutins à très petite échelle, mais très lisibles. À La Chapelle-Hareng, le premier tour s’était achevé sur une égalité parfaite, 37 voix contre 37. Le second a tranché, 43 voix contre 37. À Combon, Elizabeth Jean l’emporte de 18 voix. À Pullay, trois listes restaient encore en lice.

Le département ne sort donc pas de ce scrutin avec une carte politique renversée. Il en sort avec une leçon plus utile : aux municipales, le bulletin choisit une mairie, mais il envoie aussi des élus voter sur des services que les habitants utilisent tous les jours, sans toujours savoir où ils se décident.

Sources consultées
  1. Préfecture de l’EureElections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026
  2. Ministère de l’IntérieurLouviers (27375) - Elections Municipales 2026
  3. Ministère de l’IntérieurÉvreux (27229) - Elections Municipales 2026
  4. Ministère de l’IntérieurCA Seine-Eure (200089456) - Elections Municipales 2026
  5. Ministère de l’IntérieurMunicipales 2026 : le mode de scrutin change pour les communes de moins de 1 000 habitants