Après le premier tour du 15 mars, l’élection municipale n’est pas réglée partout dans l’Eure. Neuf communes restent concernées par un second tour ce dimanche 22 mars : Bernay, Combon, Évreux, Gaillon, La Chapelle-Hareng, Les Andelys, Louviers, Pullay et Terres de Bord. Au total, 25 listes ont été enregistrées pour ce second tour : quatre à Évreux, trois à Bernay, Gaillon, Les Andelys, Louviers et Pullay, deux à Combon, La Chapelle-Hareng et Terres de Bord.
Des seconds tours, mais pas la même histoire partout
Ce qui distingue ce second tour, dans l’Eure, ce n’est pas seulement le nombre de communes encore en jeu. C’est la diversité des configurations. À certains endroits, le scrutin reste très ouvert. Ailleurs, il vient surtout confirmer, ou éventuellement resserrer, un rapport de force déjà installé au premier tour. Il faut donc moins lire ce dimanche comme un bloc départemental homogène que comme une série de situations locales assez différentes.
Évreux : une quadrangulaire qui reste ouverte
À Évreux, Guy Lefrand (divers droite) est arrivé en tête au premier tour avec 29,48 % des suffrages exprimés, devant Samuel Brigantino (divers droite) à 21,57 %, Gérard Silighini (gauche) à 15,74 % et Eugénie Petitjean (RN) à 14,68 %. Quatre listes se maintiennent.
Le premier tour a donc fixé un ordre, mais pas verrouillé le second. La configuration ne se réduit pas à un duel : deux listes classées divers droite restent en lice, face à une liste de gauche et une liste RN. Dans une quadrangulaire de ce type, l’avance du premier compte, sans suffire à simplifier l’issue.
Louviers : un vrai second tour
À Louviers, François-Xavier Priollaud (centre) a terminé en tête avec 44,41 %, devant Philippe Brun (divers gauche) à 41,72 %, tandis que Patrice Pauper (RN) a recueilli 13,87 %. L’écart entre les deux premiers n’est que de 162 voix.
Ici, il ne s’agit pas d’un second tour de confirmation, mais bien d’un second tour à part entière. Dans un rapport de force aussi serré, la participation de dimanche et la manière dont se répartiront les voix restantes peuvent suffire à inverser l’ordre d’arrivée. Le maintien d’une troisième liste ajoute encore à l’incertitude.
Bernay et Gaillon : un avantage net, sans victoire acquise
À Bernay, Marie-Lyne Vagner (divers droite) est sortie en tête avec 46,92 %, devant Simon Jaraie (divers gauche) à 26,70 % et Francis Viez (divers droite) à 26,38 %.
À Gaillon, Odile Hantz (indépendante) a obtenu 48,04 %, devant Édouard Varin (divers droite) à 32,73 % et David Piedefer (indépendant) à 19,23 %.
Dans les deux cas, la candidate en tête aborde le second tour avec un avantage net. Mais la barre des 50 % n’a pas été franchie au premier tour. À Bernay, la situation oppose une liste de gauche à deux listes classées divers droite. À Gaillon, l’offre est plus locale et moins structurée par des blocs politiques classiques.
Les autres communes, moins visibles de loin, décisives de près
Aux Andelys, à Combon, à La Chapelle-Hareng, à Pullay et à Terres de Bord, le second tour ne bénéficie pas de la même exposition, mais il n’en sera pas moins décisif pour les habitants. Dans ces communes, les équilibres se jouent souvent à une échelle plus resserrée, où les équipes, les relations locales et la crédibilité concrète comptent au moins autant que les étiquettes. Là aussi, le premier tour n’a pas suffi à stabiliser la situation.
Un dimanche qui tranche, ou qui clarifie
Ce second tour eurois ne raconte donc pas une seule histoire. À Évreux, il met à l’épreuve une quadrangulaire inhabituelle. À Louviers, il se jouera probablement à peu de chose. À Bernay et à Gaillon, il dira si l’avantage du premier tour se transforme en victoire nette ou reste plus disputé qu’il n’y paraissait. Le point commun est plus simple : dans ces neuf communes, le premier tour n’a pas suffi à fixer les équilibres. C’est cela que le vote de dimanche va trancher, ou du moins clarifier.