Les mouvements d’entreprises publiés au BODACC font rarement la une. Pourtant, ils disent quelque chose de précis sur la vie économique d’un territoire. Dans l’Eure, les avis de cette semaine montrent un paysage en mouvement : des créations, des dépôts de comptes, et deux procédures collectives qui ne racontent pas la même chose.
D’abord, il continue de se créer des structures dans des communes très diverses, de Pont-Audemer à Cormeilles, de Mesnil-en-Ouche à Saint-Ouen-du-Tilleul, jusqu’à Thiberville, Quillebeuf-sur-Seine ou Bézu-Saint-Éloi. Rien qui permette de parler d’élan général, mais assez pour constater que l’initiative n’est pas cantonnée aux points les plus attendus du département.
On voit aussi passer de nombreux dépôts de comptes, notamment à Alizay, Gravigny, Louviers, Marbois, Villegats, Conches-en-Ouche et Pacy-sur-Eure. Ce sont des formalités, certes, mais elles signalent aussi quelque chose de très simple : des entreprises poursuivent leur activité, clôturent leur exercice et restent dans un fonctionnement ordinaire.
Le point le plus intéressant de la semaine se situe sans doute du côté des procédures collectives. À Bernay, DBDN s’inscrit dans une logique de continuation : après une sauvegarde puis un redressement judiciaire, la publication porte cette fois sur un plan de redressement. À Appeville-Annebault, Equine Products Import FR suit un chemin plus brutal, avec l’ouverture d’une liquidation judiciaire pour une structure créée récemment.
Le contraste n’autorise pas de conclusion générale sur “l’état” de l’Eure, mais il dit tout de même quelque chose de la période. Créer une entreprise, déposer ses comptes, exister administrativement : tout cela ne suffit pas toujours à installer une activité dans la durée. Cette semaine, le BODACC montre donc moins un territoire en difficulté qu’un tissu économique où la marche entre lancement et solidité reste, pour certaines structures, courte et fragile.