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Chilly-Mazarin : quatre salariés conduits à l'hôpital après la rupture d'un colis d'acide chez Chronopost

À Chilly-Mazarin, un colis d'acide a mobilisé 25 pompiers. L'incident éclaire les règles d'expédition des produits dangereux et les risques pour les salariés.

Illustration - Colis dans un centre de tri

Mardi 27 octobre, vers 8 heures, un colis commence à dégager de la fumée dans l’agence Chronopost de Massy, située à Chilly-Mazarin, pendant la préparation des tournées. Dans le colis, les pompiers découvrent trois bouteilles de 2,5 litres d’acide chlorhydrique, dont une brisée, et un flacon de 50 cl de dichromate de potassium. Quatre salariés sont conduits à l’hôpital pour des examens de contrôle.

Comment un tel chargement peut-il se retrouver dans un circuit de livraison express ? Le transport des produits chimiques dangereux n’est pas interdit dans tous les cas, mais il obéit à des règles qui commencent bien avant l’arrivée du colis au centre de tri.

Des produits interdits dans les envois ordinaires

Les conditions générales de Chronopost excluent les matières corrosives, toxiques ou susceptibles de mettre en danger les personnes qui manipulent les colis. Cette interdiction concerne notamment les expéditions ordinaires des particuliers.

Pour les professionnels, le transporteur prévoit des exceptions. Certaines marchandises dangereuses peuvent être acceptées dans des conditions particulières, notamment lorsqu’elles bénéficient d’exemptions réglementaires ou sont emballées en quantités limitées. Il faut alors un contrat et l’accord préalable du conseiller à la sécurité de Chronopost.

Le cadre est fixé notamment par l’ADR, l’accord international qui réglemente le transport routier de marchandises dangereuses. Selon la substance et sa classification, il impose des exigences d’emballage, de marquage et d’étiquetage. Les quantités transportées comptent, mais aussi la nature précise du produit.

L’expéditeur doit notamment informer Chronopost des caractéristiques susceptibles d’affecter le transport et préparer un emballage fermé, adapté au contenu et capable de résister aux manipulations successives. Pour les marchandises dangereuses acceptées, des prescriptions supplémentaires s’appliquent.

Ces précautions protègent des salariés qui manipulent des paquets sans nécessairement connaître leur contenu. Une bouteille cassée peut les exposer à des substances autrement confinées. L’acide chlorhydrique présente notamment des risques de brûlures et d’irritations respiratoires ; le dichromate de potassium est toxique et comburant.

Une intervention spécialisée, puis la reprise des tournées

À Chilly-Mazarin, six personnes ont été incommodées, selon les informations attribuées au Service départemental d’incendie et de secours de l’Essonne (SDIS 91). Deux ont été examinées sur place et quatre transportées à l’hôpital en urgence relative. Chronopost précise que ces transports visaient des examens de contrôle.

L’intervention a mobilisé 25 pompiers et 16 véhicules, dont une équipe spécialisée dans les risques chimiques. Celle-ci a extrait et neutralisé le colis.

Les circonstances exactes de l’expédition, les conditions dans lesquelles le colis avait été accepté et la cause de la rupture ne sont pas établies publiquement. Impossible, donc, de déterminer si les règles de transport ont été enfreintes.

Après l’évacuation et la sécurisation des locaux, les tournées ont pu reprendre progressivement à partir de 11 heures, selon Chronopost.

Sources consultées
  1. Le ParisienLe colis contenait de l’acide : 4 employés du Chronopost de Chilly-Mazarin envoyés à l’hôpital
  2. Ouest-FranceUn colis suspect dégage des fumées corrosives dans une agence Chronopost de l’Essonne, quatre salariés hospitalisés
  3. ChronopostConditions générales de vente professionnel
  4. ChronopostComment envoyer des marchandises dangereuses ou contenant du lithium ?
  5. Ministère chargé des TransportsLa réglementation du transport de marchandises dangereuses (TMD)
  6. INRSChlorure d'hydrogène (ou acide chlorhydrique) et solutions aqueuses, fiche toxicologique n° 13