
À Viry-Châtillon, Renault prépare la cession d’Alpine Racing SAS, la société qui exploite les activités de son ancien centre de moteurs de Formule 1. Le constructeur a annoncé, jeudi 22 octobre, un accord avec le groupe belge Dumarey. L’opération prévoit le transfert des salariés de cette société, soit environ 150 personnes selon Reuters, ainsi que des équipements nécessaires à son activité.
En septembre 2024, Renault décidait d’abandonner la fabrication de moteurs de F1 à l’issue de la saison 2025. À Viry, où plusieurs générations d’ingénieurs ont contribué à douze titres mondiaux des constructeurs, la décision avait provoqué une vive opposition.
Le constructeur annonçait alors la reconversion du site. Rebaptisé Hypertech Alpine, le centre devait travailler sur une future supercar, les batteries de nouvelle génération, les moteurs électriques et des prestations d’ingénierie pour d’autres entreprises.
Mais cette reconversion n’a pas procuré au centre l’activité espérée, selon Le Journal de l’Automobile. En février 2026, Alpine annonçait également son retrait du championnat du monde d’endurance à la fin de l’année. Le constructeur proposait aussi des formations, des possibilités de mobilité interne et des départs volontaires aux salariés.
Un repreneur qui veut revenir à la compétition
Avec Dumarey, les ingénieurs de Viry pourraient retrouver des projets proches de leur spécialité historique. Le groupe familial belge, qui développe des systèmes de propulsion et des solutions d’ingénierie automobile, souhaite renforcer ses activités dans le sport mécanique.
Il compte notamment s’appuyer sur les compétences du centre en motorisation de compétition et en essais. Les ingénieurs de Viry pourraient ainsi travailler pour d’autres écuries automobiles. Aucun contrat de ce type n’a encore été annoncé.
Selon l’AFP, qui cite une source proche du dossier, les salaires et avantages sociaux des salariés devraient être maintenus pendant 24 mois. Cette garantie ne figure toutefois pas dans le communiqué commun des deux entreprises.
En janvier 2026, Dumarey a annoncé la fermeture de son usine de transmissions de Strasbourg, avec 320 emplois concernés. En mars, il a annoncé celle d’Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, touchant environ 260 salariés. Début octobre, les conditions de départ faisaient encore l’objet d’un conflit dans cette dernière usine. Ces établissements produisent des transmissions automobiles, une activité différente de l’ingénierie de compétition de Viry.
La vente doit encore être finalisée
Le projet a été présenté aux représentants des salariés lors d’un comité social et économique extraordinaire, le 22 octobre. La transaction reste soumise à leur consultation et aux autorisations réglementaires. Son montant n’a pas été dévoilé.
La présidente du Grand-Orly Seine Bièvre, Méhadée Bernard, a dénoncé l’absence de réunion préalable du comité de suivi territorial et demandé à Renault de respecter ses engagements envers le bassin d’emploi.
La vente concerne Alpine Racing SAS, distincte de l’écurie Alpine de Formule 1, qui reste basée à Enstone, au Royaume-Uni. Si l’opération aboutit, les équipes de Viry-Châtillon travailleront sous la direction et la marque Dumarey. Le maintien de l’activité des ingénieurs et de leurs bancs d’essai dépendra alors des contrats que leur nouvel employeur pourra décrocher.
Sources consultées
- Renault GroupLe Groupe Dumarey et Renault Group engagent un processus portant sur l’acquisition par Dumarey d’Alpine Racing SAS
- ReutersRenault sells former Alpine F1 engine unit to Dumarey, preserving 150 jobs
- AlpineAlpine creates Hypertech Alpine, its new high-tech engineering centre in Viry-Châtillon
- AFP, via BoursoramaRenault cède son usine historique de moteurs de F1 de Viry, au belge Dumarey
- Eurofound, European Restructuring MonitorDumarey Powerglide Strasbourg, Factsheet 203967
- Grand-Orly Seine BièvreRenault-Alpine cédé en catimini : le territoire exige des garanties pour les salariés