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64 futurs généralistes attendus en Essonne : pour les accueillir, il faut déjà des médecins

L’Essonne attend 64 docteurs juniors le 2 novembre. Derrière ce renfort, une mobilisation de médecins formateurs et une difficulté identifiée dans le Sud du département.

Illustration - Un cabinet médical et deux médecins

L’Essonne doit accueillir 64 docteurs juniors en médecine générale à partir du 2 novembre 2026. Ils pourront recevoir des patients et prescrire des traitements pendant leur dernière année de formation. Mais pour faire venir ces futurs généralistes dans un département qui manque de médecins, il a d’abord fallu mobiliser ceux qui y exercent déjà.

La difficulté est ancienne. Selon les données de l’Insee, l’Essonne comptait 131 médecins généralistes pour 100 000 habitants en 2012, contre 97 en 2025. La moyenne française était alors de 146. Le département a donc particulièrement intérêt à accueillir cette première promotion de médecins en quatrième année d’internat.

Une mobilisation commencée bien avant novembre

Le dispositif national repose sur une condition : chaque docteur junior doit exercer sous la supervision d’un médecin expérimenté, agréé comme maître de stage universitaire. Ce dernier doit pouvoir l’accompagner, mettre à disposition un lieu d’exercice et intervenir lorsque la situation médicale l’exige.

En juin, la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Centre Essonne faisait état de 75 maîtres de stage mobilisés. Elle prévoyait alors l’accueil de 70 à 75 docteurs juniors. En octobre, le nombre annoncé est de 64, confirmé par François Durovray, président du Département, et Richade Fahas, ancien directeur départemental de l’Agence régionale de santé (ARS).

L’ARS, les collectivités et les professionnels de santé ont mobilisé des formateurs, identifié des cabinets et préparé l’accueil, notamment pour le logement et les déplacements. Les affectations passent ensuite par un appariement entre candidats et terrains de stage.

Ce mécanisme crée un paradoxe : les secteurs qui manquent le plus de généralistes sont aussi ceux où il peut être le plus difficile de trouver quelqu’un pour former la relève.

Le Sud-Essonne tente de ne pas rester à l’écart

Lors du comité de pilotage du 5 juin, la CPTS Centre Essonne signalait une sous-représentation du Sud-Essonne dans les préparatifs. Un territoire déjà fragilisé par le manque de médecins risquait donc de moins bénéficier du nouveau dispositif.

Dans l’Étampois, la communauté d’agglomération a décidé d’agir sur un autre obstacle : les conditions de vie des futurs praticiens. Elle propose aux docteurs juniors affectés sur son territoire de solliciter une aide au logement de 250 euros par mois et une aide à la mobilité de 150 euros par mois, sous conditions.

Ces aides complètent les incitations nationales. Elles cherchent aussi à rendre un stage suffisamment attractif pour qu’un jeune médecin envisage ensuite de s’installer dans le secteur.

La répartition définitive des 64 docteurs juniors par commune et par cabinet n’a toutefois pas été rendue publique.

Des consultations possibles, pas encore des médecins traitants

La réforme concerne plus de 3 000 docteurs juniors attendus en France dès novembre. Le gouvernement prévoit que 80 % d’entre eux exercent dans des territoires où l’accès aux soins est difficile ou dans des quartiers prioritaires.

Ces jeunes praticiens ne seront pas de simples observateurs. Ils pourront mener leurs propres consultations et établir des prescriptions, en autonomie supervisée. En revanche, un patient ne pourra pas les déclarer comme médecin traitant pendant cette période de formation.

Le bénéfice immédiat attendu est donc une capacité de consultation supplémentaire dans les cabinets d’accueil. Son ampleur dépendra du nombre de rendez-vous réellement proposés et de leur localisation.

Le Département espère aussi des installations durables : un médecin qui découvre une équipe, une patientèle et un territoire pendant un an peut choisir d’y poursuivre sa carrière.

Aucune installation future n’est cependant garantie. Dès novembre, les cabinets qui accueilleront ces jeunes médecins permettront de savoir si ce renfort profite aussi aux patients du Sud-Essonne.

Sources consultées
  1. François Durovray, président du Conseil départemental de l’EssonnePublication annonçant l’arrivée de 64 docteurs juniors en Essonne
  2. CPTS Centre EssonneComité de pilotage Docteurs Juniors du 5 juin 2026
  3. Communauté d’agglomération de l’Étampois Sud-EssonneDocteurs juniors : découvrez les aides financières
  4. InseeProfessionnels de santé au 1er janvier 2025
  5. Ministères chargés de la Santé et de l’Enseignement supérieurInstruction interministérielle n° DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 du 21 mai 2026
  6. Ministère de la SantéDémographie des professionnels de santé : une hausse historique des effectifs formés et de nouvelles mesures pour renforcer l’accès aux soins