
Samedi 17 octobre, dans le sud de l’Essonne, des petits groupes de participants partiront scruter les champs à la recherche d’un oiseau qu’on peut avoir sous les yeux sans le voir. À 16 h, NaturEssonne organise une prospection des œdicnèmes criards, ces migrateurs qui se rassemblent à l’automne avant de prendre la direction du sud.
L’an dernier, neuf observateurs en avaient recensé 124 dans six secteurs, lors d’une sortie le 30 septembre. Sur la commune de Milly-la-Forêt, un seul rassemblement comptait 93 individus. Presque une centaine d’oiseaux réunis dans un paysage agricole, et pourtant faciles à manquer.
Car l’œdicnème criard possède un camouflage redoutable. Son plumage brun strié se confond avec les mottes de terre, et il reste souvent immobile pendant la journée. Seuls ses longues pattes et ses grands yeux jaune citron trahissent parfois sa présence. C’est surtout au crépuscule qu’il s’anime, lançant des cris aigus qui lui ont valu son nom.
Vingt-sept ans à lire les champs
Depuis 1999, NaturEssonne étudie cet oiseau dans les plaines du département. Les premières enquêtes combinaient observations sur le terrain et échanges avec les agriculteurs et les chasseurs. L’association a ensuite développé des collaborations avec des exploitants agricoles et lancé, en 2007, un programme de sauvegarde de l’espèce.
Pour retrouver les oiseaux, les observateurs doivent suivre les changements des parcelles. L’œdicnème recherche des espaces ouverts, à la végétation basse. Au printemps, il niche à même le sol. Après les moissons, les couples auparavant dispersés se regroupent sur certaines parcelles avant leur migration vers la péninsule Ibérique ou l’Afrique du Nord.
Mais un champ favorable peut changer rapidement. Les labours et les semis transforment les parcelles et peuvent déplacer les groupes, tandis que les jachères se raréfient. Les bénévoles doivent donc retrouver les oiseaux d’une saison à l’autre, noter leurs effectifs et repérer les secteurs qu’ils fréquentent. En 2025, vingt-quatre personnes avaient participé aux comptages de la période de reproduction.
Comment rejoindre la prospection ?
La sortie du samedi 17 octobre sera conduite par Gilles Touratier. Les participants seront répartis en petits groupes pour rechercher les oiseaux dans les champs. Jumelles ou longue-vue sont recommandées, tout comme une oreille attentive.
L’inscription est obligatoire, par courriel auprès de Gilles Touratier. Le lieu exact du rendez-vous, fixé à 16 h, sera communiqué aux inscrits.
À l’approche du soir, il faudra chercher parmi les mottes de terre, tendre l’oreille et peut-être distinguer quelques silhouettes immobiles dans un champ apparemment désert.