
À Évry-Courcouronnes, une ligne automatisée de fabrication et de conditionnement de boissons a été inaugurée le 6 octobre. Pourtant, les étudiants travaillaient déjà sur ses équipements depuis plusieurs mois. Avec le lancement du projet InduSPRINT, cette installation doit désormais servir de banc d’essai aux industriels qui souhaitent expérimenter sans interrompre leur propre production.
Essayer une technologie sur une chaîne en activité peut coûter cher. Changer un capteur, modifier un programme ou connecter un nouveau logiciel risque d’immobiliser des machines qui doivent produire. Au Centre Innovation 4.0 d’Évry, les entreprises pourront tester ces solutions sur une installation dédiée, avant d’envisager leur déploiement.
La ligne de boissons permet de travailler sur des problèmes bien réels. Au printemps 2026, des étudiants de troisième année de BUT en génie électrique et informatique industrielle à l’IUT d’Évry ont réglé des capteurs mesurant le niveau des cuves et le débit dans les circuits. D’autres ont intégré des étiquettes RFID pour suivre les bouteilles ou programmé un robot chargé de manipuler bouteilles et bouchons.
La difficulté est de faire communiquer des équipements différents. Un capteur doit transmettre une mesure fiable, un automate doit l’interpréter, un robot doit exécuter le bon mouvement. Une chaîne automatisée dépend autant de ces échanges d’informations que de ses machines.
Le Centre Innovation, porté par l’Université Évry Paris-Saclay, possédait déjà une première ligne où l’on assemble puis désassemble des scooters électriques et des sèche-linges. Elle permet d’étudier une production organisée en opérations successives.
La nouvelle installation explore une autre famille de procédés, où circulent des liquides. Il faut gérer les cuves, les pompes, les débits et le conditionnement. Ces techniques intéressent notamment l’agroalimentaire, la chimie et la pharmacie.
Sa préparation remonte au moins à 2025. Quatre étudiants en master 2 de l’université avaient alors travaillé sur les circuits de fluides, les automatismes, la robotique et la représentation numérique de l’installation. L’inauguration d’octobre consacre donc un équipement construit progressivement, avec une contribution directe des étudiants formés à Évry.
InduSPRINT doit maintenant permettre aux entreprises d’utiliser à leur tour ces équipements. Soutenu par une subvention de 1,2 million d’euros, financée à parts égales par l’État et la Région Île-de-France dans le cadre de France 2030, le programme doit rapprocher industriels, fournisseurs de technologies et chercheurs.
L’objectif est de vérifier sur la ligne pilote qu’une solution technique fonctionne avant d’investir dans son déploiement. Une PME pourrait, par exemple, expérimenter le suivi de ses produits par capteurs ou tester la circulation des données entre plusieurs équipements.
Les travaux étudiants prouvent que la nouvelle ligne sert déjà à expérimenter. En revanche, aucun premier projet industriel réalisé par une entreprise sur cette installation n’a encore été rendu public.
La prochaine étape, à Évry, sera d’accueillir une entreprise venue tester sur cette ligne une solution destinée à sa propre usine.
Sources consultées
- Bpifrance, Préfecture de région et Région Île-de-FranceFrance 2030 régionalisé, SESAME Filières : deux nouveaux projets financés pour un montant total de 2,85 M€
- Université Évry Paris-SaclayCentre Innovation 4.0 d'Évry
- CMQE Industrie du Futur Île-de-FranceInduSPRINT c'est parti !
- CMQE Industrie du Futur Île-de-FranceHuit soutenances au Centre Innovation pour le projet industriel d'étudiants
- CMQE Industrie du Futur Île-de-FranceBilan des projets de quatre stagiaires ingénieurs au Centre Innovation