
À Massy, un lycéen a perdu une phalange mardi 29 septembre en essayant de lancer un mortier d’artifice devant le lycée Fustel-de-Coulanges. Laurent Nuñez l’a confirmé le soir même sur BFMTV. Onze jours auparavant, aux Ulis, des tirs du même type à proximité du lycée L’Essouriau avaient conduit à confiner l’établissement pendant environ une heure. Cinq mineurs interpellés après cet épisode ont depuis été présentés au juge des enfants.
Les deux affaires n’ont aucun lien établi. Elles montrent pourtant ce que l’arrivée d’un mortier change autour d’un lycée. Un incident aux abords de l’établissement peut en quelques secondes imposer une mise à l’abri à l’intérieur, mobiliser les forces de l’ordre puis se prolonger devant la justice.
Aux Ulis, les tirs du 18 septembre ont perturbé les cours et entraîné une intervention policière. Le Parisien rapporte également un blessé grave. Grégoire Dulin, procureur de la République d’Évry-Courcouronnes, a indiqué au journal que cinq garçons interpellés dans les jours suivants avaient été placés en garde à vue puis présentés au parquet. Le juge des enfants a ordonné des mesures dans l’attente d’une audience sur leur culpabilité, annoncée dans un délai de trois mois.
Un troisième épisode a été rapporté le 28 septembre au lycée Léonard-de-Vinci de Saint-Michel-sur-Orge. Selon Le Parisien, des tirs de mortiers ont provoqué le déclenchement de l’alarme anti-intrusion vers 15 h 45. Deux élèves auraient été très légèrement blessés et des classes sont restées à l’abri pendant environ trois quarts d’heure. Une équipe mobile de sécurité de l’académie de Versailles s’est rendue dans l’établissement le lendemain. Ces éléments n’ont pas fait l’objet d’un bilan public détaillé de l’académie ou de la préfecture.
Ces équipes mobiles peuvent être envoyées dans un établissement confronté à une situation de violence ou de crise pour appuyer sa sécurisation et son retour au fonctionnement normal. Sur la voie publique, l’intervention relève d’abord de la police ou de la gendarmerie. À l’intérieur, les établissements disposent notamment de plans de mise en sûreté prévoyant la conduite à tenir face à une menace.
Le mortier brouille cette frontière. Tiré depuis les abords, il peut produire immédiatement des effets à l’intérieur : alarme, mise à l’abri, interruption des cours, intervention d’une équipe académique. À Massy, le risque s’est retourné contre celui qui manipulait l’engin.
Le Parlement a par ailleurs durci en août les règles concernant leur transport. Depuis le 20 août, l’article L. 2353-10 du code de la défense punit le port ou le transport sans motif légitime d’articles pyrotechniques de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Avant la loi RIPOST du 18 août, le maximum prévu par ce texte était de six mois et 7 500 euros.
Ce durcissement ne dit pas quelles infractions seront retenues dans les affaires essonniennes. Le tir lui-même, d’éventuelles violences ou dégradations et les blessures occasionnées peuvent relever d’autres qualifications, tandis que l’âge des personnes mises en cause modifie également la réponse pénale. Aux Ulis, le parquet a confirmé la procédure concernant cinq mineurs sans rendre publiques, dans les éléments disponibles, les qualifications finalement soumises au juge.
Il manque aussi un chiffre essentiel pour mesurer le phénomène : aucune série départementale publique ne permet d’établir que les tirs de mortiers autour des lycées sont en augmentation en Essonne. Les trois épisodes observés ou rapportés depuis le 18 septembre ne suffisent donc pas à faire une tendance.
Ils montrent en revanche pourquoi ces engins posent un problème particulier aux établissements scolaires. Leur utilisation aux abords brouille la limite entre trouble sur la voie publique et crise à l’intérieur du lycée. En quelques minutes, la réponse peut passer de la police au dispositif de mise en sûreté, puis aux équipes académiques et à la justice.
Aux Ulis, cette dernière étape est déjà engagée : les cinq mineurs doivent revenir devant le juge des enfants pour l’audience sur leur culpabilité dans les trois mois suivant leur présentation. Cette audience précisera quelles infractions sont finalement retenues après les tirs du 18 septembre.
Sources consultées
- Laurent Nuñez sur BFMTVLaurent Nuñez, invité de Sonia Mabrouk, 29 septembre 2026
- Le ParisienTirs de mortiers sur le lycée des Ulis : cinq mineurs devront s’expliquer devant la justice
- Le ParisienJets de mortiers, intervention de l’équipe de sécurité… Ce que l’on sait des incidents au lycée de Saint-Michel-sur-Orge
- LégifranceCode de la défense, article L. 2353-10
- Académie de VersaillesCAAEE-EMS, Centre académique d’aide aux écoles et établissements, équipes mobiles de sécurité