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À Orsay, Herbistop veut faire sortir le désherbage au plasma du laboratoire

Le LPGP a montré qu’une torche de plasma pouvait endommager blé et colza. Avec 450 000 € de maturation, Herbistop doit désormais prouver qu’une machine mobile peut fonctionner au champ.

Illustration - Torche à plasma au-dessus des herbes

À Orsay, une torche de plasma conçue dans un laboratoire de physique doit désormais apprendre à travailler dans un champ. Herbistop, développé au Laboratoire de Physique des Gaz et des Plasmas du CNRS et de l’Université Paris-Saclay, utilise un plasma d’air produit par un dispositif à micro-ondes pour attaquer les végétaux sans combustion directe. Après une première preuve de concept, le projet bénéficie de 450 000 euros de maturation. La prochaine étape se jouera sur la vitesse, la consommation, la mobilité et la résistance aux conditions extérieures.

L’idée est née d’un autre usage de la torche. L’équipe d’Olivier Leroy travaillait sur le nettoyage de surfaces métalliques lorsqu’elle a essayé le plasma sur des plantes. Un brevet a ensuite été déposé le 12 juillet 2022 par le CNRS et l’Université Paris-Saclay. Le procédé expose les végétaux à un plasma produit à partir d’un gaz, notamment de l’air. Dans Herbistop, l’effet recherché combine chaleur, espèces chimiques actives et rayonnements.

Mais savoir abîmer une plante ne suffit pas à faire un bon désherbeur. Les agriculteurs, collectivités et gestionnaires d’infrastructures disposent déjà de solutions mécaniques ou thermiques, auxquelles s’ajoutent d’autres procédés physiques. Herbistop devra donc montrer non seulement qu’il agit, mais qu’il peut traiter suffisamment vite et avec une dépense énergétique et un coût acceptables. Olivier Leroy souligne que le désherbage chimique reste bon marché et largement adopté, et place la performance et le coût d’utilisation parmi les conditions à remplir.

La première phase du projet a permis, selon l’équipe, d’obtenir un effet marqué sur deux types de plantes testées en laboratoire : le colza, une dicotylédone, et le blé, une graminée, avec de meilleurs résultats sur le blé lorsqu’il est jeune. Aucune comparaison chiffrée avec une méthode de référence ni aucune validation indépendante n’est publiée à ce stade. Sans débit de traitement, consommation par surface ou mesure de la repousse, il est encore impossible de juger la compétitivité du procédé.

La nouvelle phase doit permettre de tester ce passage à la machine. Depuis mai 2025, Herbistop est engagé dans un programme de transfert technologique de deux ans visant un prototype préindustriel. Les travaux décrits par le LPGP consistent notamment à réunir sur un châssis transportable la torche, son générateur de micro-ondes, une source électrique autonome et le flux d’air nécessaire. Le système doit pouvoir quitter le banc de laboratoire et fonctionner dehors. Le 4 juin 2026, à la ferme expérimentale de Grignon, le LPGP a présenté un premier prototype ainsi qu’une maquette du dispositif suivant.

À Orsay, le point de départ est le savoir-faire du LPGP en physique des plasmas, pas la conception d’une machine agricole. Herbistop cherche désormais à transformer cette compétence de laboratoire en un système transportable et utilisable sur le terrain. Le projet a déjà franchi le test élémentaire : son plasma agit sur des plantes. Le prochain prototype devra répondre à une question beaucoup plus sévère : quelle surface pourra-t-il traiter, avec quelle dépense d’énergie et à quel coût ?

Sources consultées
  1. Laboratoire de Physique des Gaz et des PlasmasPROJET HERBISTOP
  2. SATT Paris-SaclayQuand le plasma froid réinvente le désherbage
  3. SATT Paris-SaclayHERBISTOP
  4. Laboratoire de Physique des Gaz et des PlasmasLe LPGP présente Herbistop aux Journées de l’Innovation Agricole 2026
  5. INPIBrevet FR3137815A1, Procédé de désherbage et appareil de désherbage correspondant