
Vingt-cinq téléphones, 169 grammes de stupéfiants et une arme artisanale ont été retrouvés le 22 septembre lors d’une fouille du bâtiment D3 de Fleury-Mérogis, selon deux syndicats pénitentiaires qui publient le même bilan. FO Justice indique que l’opération a mobilisé des équipes spécialisées, une brigade cynophile et des personnels de l’établissement.
Cette saisie ne permet pas de dire comment chaque objet est entré en détention. Elle intervient toutefois alors que Fleury-Mérogis fait partie des établissements où l’État renforce les protections contre les introductions, notamment par drones. Le ministère de la Justice cite l’établissement parmi cinq prisons concernées en 2026 par son programme de sécurisation renforcée, lancé fin 2025. Celui-ci combine protection périmétrique, lutte anti-drones, brouillage, contrôle des entrées et fouilles en détention.
À Fleury, une partie de cette transformation est déjà visible dans les marchés de travaux. Fin juin, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris a lancé une consultation pour installer des « clôtures répulsives » au quartier centre des jeunes détenus, le QCD. Le marché prévoit sept mois de travaux. Il ne concerne pas le D3, mais confirme qu’au moins un secteur du site fait l’objet d’un chantier dédié.
Au D3, l’UFAP UNSa Justice affirme que l’administration installe des volières et des grillages déportés afin de compliquer l’approche des drones, et demande leur généralisation aux bâtiments encore exposés. Aucun document public consulté ne permet cependant d’établir où ces équipements sont déjà achevés ou opérationnels.
Les protections physiques ont leurs propres limites. Le ministère souligne que couvrir les cours par des filets exige des études sur les supports, les dimensions et la résistance du montage ; certains poteaux peuvent également créer un risque d’évasion. L’administration déploie donc en parallèle des équipements électroniques capables de détecter, caractériser et neutraliser les drones, tandis que les fouilles recherchent ce qui a malgré tout franchi le périmètre.
L’inventaire du 22 septembre montre pourquoi ces fouilles restent nécessaires. Une seule opération au D3 a retrouvé 25 téléphones, des stupéfiants et une arme artisanale. À Fleury-Mérogis, les protections restent encore partielles sur le site ; les fouilles sont, pour l’instant, leur dernier filet.
Sources consultées
- FO JusticePrison de Fleury-Mérogis : D3 – Fouille XXL !
- UFAP UNSa JusticeCP Fleury-Mérogis – Fouille XL au bâtiment D3 : le trafic aérien
- Assemblée nationaleQuestion n°4501 : Sécurité et conditions de travail du personnel et des structures pénitentiaires
- SénatSécurité périmétrique des établissements pénitentiaires
- France Marchés, reproduction de l’avis BOAMP n°26-63837Mise en place de clôtures répulsives – Quartier Centre des jeunes détenus (QCD)