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À Orsay, un collisionneur devenu monument historique

À Orsay, l’anneau ACO, ancien collisionneur de particules conservé dans sa salle d’expériences, ouvre au public ce dimanche 20 septembre.

Illustration de l’anneau ACO

Sur le campus d’Orsay, une machine de sept mètres de diamètre occupe toujours la salle où elle servait aux expériences de physique. L’Anneau de Collisions d’Orsay, ACO, arrêté depuis 1988, n’a pas été déplacé dans un musée : l’anneau, son socle et une partie de son bâtiment sont devenus eux-mêmes patrimoine. Ce dimanche 20 septembre, Sciences ACO les ouvre gratuitement au public de 14 h à 17 h, bâtiment 201, porte 4, pour les Journées européennes du patrimoine.

La visite a une particularité assez rare. La machine n’est pas seulement montrée, elle est expliquée par des chercheurs et ingénieurs qui travaillent ou ont travaillé dans les disciplines auxquelles elle appartient. Depuis 1993, Sciences ACO réunit ainsi une équipe intergénérationnelle de physiciens et de médiateurs pour transmettre l’histoire de la machine.

Cette histoire commence avant ACO. En 1962, le petit anneau italien AdA est transporté de Frascati jusqu’à Orsay pour utiliser l’accélérateur linéaire du laboratoire. C’est ici que sont mises en évidence en 1963 les premières collisions entre électrons et positrons stockés. ACO lui succède : ses premières collisions ont lieu en 1967.

La suite explique pourquoi cet anneau mérite davantage qu’une place dans les archives. À partir de 1973, son rayonnement synchrotron est exploité pour étudier la matière. ACO passe progressivement de la physique des particules à une nouvelle fonction, celle de source de lumière, une voie devenue depuis essentielle dans de nombreux domaines scientifiques. À quelques kilomètres d’Orsay, le synchrotron SOLEIL à Saint-Aubin prolonge aujourd’hui, à une tout autre échelle, cette histoire de l’utilisation du rayonnement synchrotron.

ACO connaît encore un dernier épisode scientifique marquant en 1983, avec la première démonstration dans le monde d’un laser à électrons libres dans le visible sur un anneau de stockage. Puis la machine est arrêtée le 29 avril 1988.

Elle aurait facilement pu disparaître avec le renouvellement du laboratoire. Depuis 2002, l’anneau, son socle ainsi que les murs et les toitures de la salle d’expériences sont inscrits au titre des monuments historiques. L’ancienne salle de contrôle de l’accélérateur linéaire et d’autres instruments du campus complètent aujourd’hui cet ensemble scientifique conservé à Orsay.

C’est ce qui distingue ACO d’une simple vieille machine spectaculaire. Dans un département profondément marqué par la recherche, une partie du patrimoine du XXe siècle est faite de béton, de câbles, de chambres à vide et d’instruments conçus pour rendre visibles des phénomènes invisibles. Ce dimanche encore, l’anneau est à sa place dans sa salle d’Orsay, avec des scientifiques pour expliquer ce que chacun de ses éléments permettait de faire.

Sources consultées
  1. Ministère de la Culture, Journées européennes du patrimoineVisite du musée de la lumière et de la matière – Anneau de Collisions d’Orsay
  2. Ministère de la Culture, POPAnneau de collisions d'Orsay, sis au Centre Universitaire d'Orsay
  3. Sciences ACOChronologie
  4. Sciences ACOQui sommes-nous