
Au Domaine du Marais, quatre bâtiments historiques posent un curieux problème d’urbanisme : ils ont disparu ou sont en ruine, mais leurs anciennes emprises sont aujourd’hui protégées comme espaces boisés. Pour permettre leur reconstruction dans le cadre d’un projet d’hôtel de luxe, Le Val-Saint-Germain prépare donc une mise en compatibilité ciblée de son PLU.
Sont concernées la ferme de la Pointe, la ferme de la Coquelinière, la ferme de la Levrière et l’ancienne grande serre. Le projet de zonage retire la protection d’espace boisé classé sur 8 100 m² correspondant à ces anciennes implantations. Ce classement a une vraie portée juridique : il interdit les occupations du sol qui compromettraient les boisements et entraîne le rejet de plein droit d’une demande de défrichement. Le dossier communal estime donc sa suppression nécessaire sur les ruines et vestiges destinés à être restaurés ou reconstruits.
Pour encadrer cette exception, le PLU créerait de petits secteurs spécifiques autour des anciennes emprises. L’ensemble de la mise en compatibilité porte sur 1,04 hectare et l’emprise au sol cumulée des constructions nouvelles y serait plafonnée à 5 000 m². Le château et quelques annexes existantes seraient également identifiés pour autoriser leur changement de destination vers un usage hôtelier. L’adaptation reste ainsi circonscrite à quelques emprises au sein des 81 hectares du domaine.
L’échelle de l’opération apparaît dans le dossier examiné par la DRIEAT en 2025. Il décrivait alors un hôtel de luxe de 72 suites et appartements, dix bâtiments restaurés ou reconstruits et 12 443,76 m² de surface de plancher, dans une opération portant sur 7,74 hectares. Le dossier communal de 2026 confirme toujours la vocation hôtelière du projet, mais ne reprend plus le chiffre de 72 hébergements : celui-ci ne peut donc pas être considéré comme la capacité définitive du futur établissement.
Le PLU n’est qu’une étape. En octobre 2025, la DRIEAT a imposé une évaluation environnementale, notamment en raison des connaissances encore incomplètes sur la biodiversité et les zones humides, des déboisements nécessaires et du fonctionnement hydraulique du domaine, relié à la Rémarde. En février 2026, les inventaires écologiques et l’étude hydraulique étaient encore en cours.
Une nouvelle protection patrimoniale s’est ajoutée le 31 mars 2026 : l’inscription au titre des monuments historiques a été étendue à de nouvelles parcelles et dépendances, notamment la cave médiévale, la glacière, la grotte et le sous-sol de la grande serre. Cette décision est postérieure à la notice d’urbanisme datée du 18 février : le projet doit désormais composer avec ce périmètre patrimonial élargi.
La commune a rendu le dossier public début septembre et organisé deux permanences les 9 et 12 septembre. La procédure prévoit encore une enquête publique avant une éventuelle adoption par le conseil municipal. À ce stade, la mise en compatibilité du PLU ne vaut donc pas feu vert à l’hôtel : elle prépare la possibilité de faire renaître, sur leurs anciennes emprises, la ferme de la Pointe, la ferme de la Coquelinière, la ferme de la Levrière et la grande serre.