
Sur l’ancien centre de recherche de Sanofi, à cheval sur Chilly-Mazarin et Longjumeau, la reconversion a commencé par conserver l’un des actifs les plus particuliers du site : ses laboratoires. Plus de 30 000 m² sont aujourd’hui présentés comme opérationnels par la Ville de Longjumeau, sur un ensemble de 16 hectares désormais baptisé Boost Campus.
Le 7 septembre, la préfecture de l’Essonne a publié un récépissé de déclaration concernant Boost Campus dans sa rubrique consacrée aux eaux pluviales. Cette étape ne signifie pas, à elle seule, que les prochaines constructions sont autorisées ou imminentes.
Une bonne partie de l’outil scientifique existe déjà. Fin 2025, l’Agglomération Paris-Saclay indiquait que 32 000 m² de laboratoires étaient opérationnels et en avait organisé la visite. La Ville de Longjumeau confirmait encore en avril 2026 plus de 30 000 m² disponibles. Il s’agit de l’héritage direct du centre R&D de Sanofi, fermé en 2022, plutôt que de laboratoires reconstruits de zéro.
C’est ce qui donne au projet son intérêt industriel. Pour une biotech ou une entreprise de chimie, louer un bureau est facile ; trouver des locaux où manipuler des molécules, installer des équipements, travailler sous des niveaux de confinement adaptés ou partager certaines plateformes l’est beaucoup moins. Boost commercialise désormais des laboratoires de chimie, biochimie et pharmacologie, avec des espaces classés L1, L2 et L2+ et des unités modulables.
Les premiers projets donnent une idée des usages recherchés. Cet été, Iktos, société spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la découverte de molécules, recrutait un chimiste organicien pour son laboratoire de robotique, avec Boost Campus à Longjumeau indiqué comme lieu du poste et une arrivée souhaitée en septembre. L’entreprise développe un système où logiciels de conception moléculaire et de rétrosynthèse pilotent des campagnes de chimie automatisée. L’annonce établit une implantation prévue sur le campus, pas encore le démarrage effectif de cette activité.
La partie la plus ambitieuse reste devant. Boost prévoit à l’horizon 2028 douze unités de production légère représentant jusqu’à 60 000 m², ainsi qu’un centre de calcul de 4 500 m², annoncé jusqu’à 15 MW. Ces équipements doivent permettre à des entreprises de ne pas quitter le site lorsqu’elles passent de l’expérience de laboratoire au prototype puis à une petite production industrielle. Pour l’instant, ces capacités relèvent encore du programme porté par Boost, et non d’installations déjà en service.
Les laboratoires sont donc déjà utilisables ; l’étape industrielle, elle, reste à construire. Les prochains jalons seront l’arrivée effective de nouveaux occupants puis la réalisation, à Chilly-Mazarin et Longjumeau, des unités de production et du centre de calcul annoncés.