
Une nouvelle société de microbiologie vient de prendre forme à Orsay. DOTTs y a été créée pour développer notamment de l’instrumentation scientifique, des consommables et des réactifs. Son objectif est plus précis : rendre des tests de détection de pathogènes rapides, fortement multiplexés et utilisables près du patient.
Dans une offre de recrutement publiée cet été, DOTTs décrit une plateforme brevetée associant optique et biologie, avec une biopuce, un lecteur portable et des consommables. La société affirme viser la détection simultanée de plus de 100 virus ou bactéries en moins de 20 minutes et indique que la technologie a été en partie développée au CEA de Grenoble. Ce sont pour l’instant des performances annoncées par l’entreprise, pas des résultats publiés : aucune donnée indépendante de sensibilité, de spécificité ou de limite de détection n’accompagne ces chiffres.
Les diagnostics multiplexes existent déjà. Le panel respiratoire BIOFIRE de bioMérieux recherche par exemple 22 cibles en environ 45 minutes. Mais compter les cibles et les minutes ne suffit pas à comparer deux technologies. Le type d’échantillon, sa préparation, la nature des pathogènes recherchés et surtout la fiabilité obtenue déterminent la valeur réelle d’un test. Sur ces points, DOTTs n’a pas encore publié assez d’éléments pour mesurer le saut technique qu’elle revendique.
La société est d’ailleurs encore très en amont. Elle cherche un associé chargé de créer de zéro un laboratoire de microbiologie BSL2, de travailler sur bactéries et virus et de poursuivre des preuves de concept déjà engagées. Le recrutement doit aussi permettre de choisir et caractériser les molécules chargées de reconnaître les pathogènes sur les futurs tests. Le projet se situe donc avant le produit commercial, au moment où l’instrument doit encore devenir une méthode microbiologique robuste.
Son fondateur, Thibaut Mercey, connaît cependant bien cet écart entre prototype et marché. La French Tech Paris-Saclay le présente aujourd’hui comme fondateur et dirigeant de DOTTs. Il avait auparavant dirigé Prestodiag, créée en 2012 et passée par la pépinière de Genopole à Évry. Prestodiag avait développé avec une équipe du CEA à Grenoble une technologie optique permettant de détecter plusieurs bactéries pathogènes, avant d’être placée en liquidation judiciaire en 2018.
Cette expérience documente le parcours de Mercey dans la détection rapide de pathogènes, mais ne valide pas la technologie de DOTTs. Les sources disponibles n’établissent pas non plus que la nouvelle société reprenne la technologie ou les brevets de Prestodiag.
Pour l’Essonne, l’étape décisive sera désormais l’implantation du laboratoire. Le siège est à Orsay et Mercey est trésorier de La French Tech Paris-Saclay, mais l’équipe DOTTs est répartie entre Grenoble et Paris-Saclay. Son offre de recrutement indique encore que le futur laboratoire BSL2 sera installé dans l’une de ces deux zones. Si Paris-Saclay l’emporte, la création observée aujourd’hui à Orsay deviendra une implantation scientifique bien plus tangible.