
Fin août, au CEA de Saclay, un opérateur chargé des contrôles périodiques au Laboratoire d’essais sur combustibles irradiés (LECI) remarque une anomalie : quatre électrovannes du système d’extinction au CO2 de quatre enceintes blindées ne figurent pas dans la liste des équipements à vérifier. Il les contrôle. Toutes les quatre sont défaillantes.
Ces équipements servent à injecter du CO2 pour éteindre un éventuel départ de feu. Installés en 2021, ils n’avaient jamais été contrôlés depuis. Le CEA ne peut donc pas dater leur panne. Une des quatre enceintes concernées était consignée et inutilisée. Les électrovannes ont depuis été remplacées et le CEA indique que les systèmes sont de nouveau opérationnels, sans impact constaté sur les personnels ni sur l’environnement.
Il y avait donc deux problèmes : quatre vannes ne fonctionnaient plus, et elles étaient absentes de la procédure qui devait conduire à les tester. Dans une installation où une partie de la sûreté repose sur des vérifications programmées, un équipement oublié de la liste peut rester en panne sans que ces contrôles permettent de le découvrir.
En janvier 2025, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) avait déjà inspecté l’organisation des contrôles périodiques et de la maintenance du LECI. Elle avait relevé que le suivi de certains écarts détectés lors des vérifications n’était pas toujours conforme aux règles de l’installation et demandé au CEA d’améliorer ce suivi.
Ces constats ne concernaient pas les quatre électrovannes découvertes cet été et les documents publics n’établissent pas de lien causal. Dans son bilan annuel, l’ASNR jugeait les inspections menées au LECI en 2025 satisfaisantes dans l’ensemble, tout en attendant encore des améliorations dans les contrôles périodiques et le suivi de la maintenance.
Lorsqu’un composant est ajouté ou remplacé dans une installation, encore faut-il qu’il entre aussi dans l’inventaire des équipements à surveiller et dans les procédures qui déclencheront ses futurs contrôles. Le CEA indique seulement que les électrovannes installées en 2021 n’avaient pas été « référencées dans la liste des équipements à vérifier ». Les informations publiées ne précisent pas comment cette omission s’est produite.
Le CEA a déclaré l’événement à l’ASNR le 31 août et proposé un classement au niveau 1 de l’échelle INES, celui des « anomalies ». Au 3 septembre, l’ASNR n’avait pas encore publié d’avis correspondant : le niveau 1 reste donc celui proposé par le CEA.
À Saclay, les quatre électrovannes fonctionnent désormais. L’incident laisse une question plus large au LECI : leur oubli du programme de contrôle était-il limité à ces quatre équipements ?
Sources consultées
- CEA Paris-SaclayCommuniqué : déclaration au niveau 1 de l’échelle INES d’un événement significatif sur le site de Saclay
- Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotectionInspection du 15 janvier 2025 « Contrôles et essais périodiques - Maintenance »
- Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotectionRapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
- Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotectionAvis d’incidents du Laboratoire d’essais sur combustibles irradiés (LECI)