
Pasqal n’a pas attendu le Nasdaq pour fabriquer des ordinateurs quantiques. À Palaiseau, son siège accueille déjà une ligne de production, récemment agrandie à neuf emplacements dédiés aux processeurs quantiques. Depuis le 28 août, l’entreprise dispose surtout de moyens financiers beaucoup plus importants pour accélérer : son entrée en Bourse lui laisse environ 360 millions de dollars de trésorerie.
L’industrialisation est donc engagée, mais la production reste encore très limitée en volume. Pasqal indique avoir sept machines déjà installées et trois autres en production. Entre ses sites français et canadien, sa capacité annoncée atteint jusqu’à treize ordinateurs quantiques par an, sous réserve de disposer des salariés et des composants nécessaires. L’entreprise est sortie du stade du prototype unique, mais fabriquer régulièrement quelques dizaines de systèmes complexes reste une étape industrielle difficile.
Ces machines reposent sur des atomes neutres contrôlés par laser. Leur fabrication demande donc moins une chaîne de montage classique qu’un travail d’intégration de systèmes optiques et électroniques de haute précision, suivi de calibration et de tests. Pour une machine installée chez un client, Pasqal estime actuellement entre douze et dix-huit mois le cycle d’approvisionnement et de mise en service. Son objectif déclaré est de raccourcir ce délai.
Les 360 millions de dollars ne sont pas destinés à Palaiseau seul. Pasqal prévoit de les consacrer notamment à la production et au déploiement de davantage de QPU, à ses logiciels et services cloud, à ses travaux sur des machines capables de corriger leurs erreurs et à son développement commercial. L’entreprise possède notamment une seconde usine au Canada. Pour l’Essonne, la nouveauté tient aux moyens disponibles pour accélérer une capacité industrielle qui existe déjà sur place.
Cette implantation prolonge directement l’histoire scientifique de Pasqal. Créée en 2019 comme spin-off de l’Institut d’Optique, l’entreprise est issue des recherches du Laboratoire Charles-Fabry sur les atomes neutres manipulés par laser. Le lien n’a pas disparu avec la commercialisation : un laboratoire commun entre Pasqal, le CNRS et l’Institut d’Optique a encore été inauguré à Palaiseau fin 2025 pour poursuivre les travaux sur ces processeurs.
L’entrée au Nasdaq apporte donc du capital à une entreprise qui sait déjà construire et livrer ses machines. À Palaiseau, l’étape suivante est plus industrielle que spectaculaire : produire et calibrer davantage de processeurs sur les neuf emplacements disponibles, raccourcir les délais et livrer plus de machines depuis la rue Émile-Baudot.
Sources consultées
- ReutersPasqal shares leap as French quantum firm makes Nasdaq debut
- U.S. Securities and Exchange CommissionPasqal investor presentation, manufacturing capabilities
- U.S. Securities and Exchange CommissionPasqal manufacturing facility presentation
- PasqalPasqal and Bleichroeder Acquisition Corp. II Complete Business Combination
- Laboratoire Charles Fabry / Institut d’OptiqueInauguration du laboratoire commun AtomIQ-Lab