
La Foire aux Haricots continuait bien de remplir le centre d’Arpajon chaque septembre, avec ses spectacles, ses stands et sa fête foraine, mais son ancien concours gastronomique avait disparu. Pour sa 93e édition, du 18 au 20 septembre, la Ville remet donc les casseroles sous la halle : un Concours national de cuisine consacré au haricot Chevrier revient, avec Guillaume Gomez, Meilleur Ouvrier de France et ancien chef des cuisines de l’Élysée, comme parrain.
Ce n’est pas une animation choisie au hasard. Créée en 1922 comme manifestation agricole, la foire a bâti une partie de sa réputation après-guerre sur un concours gastronomique organisé à partir de 1952. Elle devient foire nationale en 1970. Et son produit fétiche raconte à lui seul un petit morceau de l’Essonne : Gabriel Chevrier était cultivateur à Brétigny-sur-Orge lorsqu’il mit au point au XIXe siècle la méthode qui permettait au flageolet récolté avant maturité de conserver sa couleur verte. Arpajon, ville de marché, en a fait son emblème.
Les archives montrent aussi à quel point la cuisine avait reculé dans la fête. En 2013, douze candidats disputaient encore sous la halle un concours gastronomique lié au Championnat de France de cuisine amateur. Dès 2014, le programme municipal propose plutôt pyramide de choux, chocolat et ateliers culinaires. En 2016, restent les démonstrations et les shows de chefs ; en 2017, le seul concours de cuisine annoncé est celui du « Petit Chef Arpajonais », avec des enfants des écoles. En 2019, Le Parisien parlait déjà du concours gastronomique au passé.
Les éditions plus récentes ont continué à faire vivre la gastronomie, mais sans restaurer ce concours : les programmes officiels de 2022, 2023, 2024 et 2025 mettent surtout en avant restauration, producteurs, invités d’honneur et animations. En 2024 et 2025, les dépliants détaillés ne mentionnent aucun concours culinaire.
En 2026, le concours, baptisé « Le Haricot dans tous ses états », doit reprendre place sous la halle, avec un jury de six personnalités, des démonstrations et des dégustations. Une dizaine de confréries gastronomiques sont également annoncées.
La « Confrérie du haricot Chevrier » mérite cependant une nuance. La Ville la présente elle aussi comme faisant son retour, mais l’association qui porte aujourd’hui ce nom est toute neuve : les données du Répertoire national des associations et du JOAFE reprises par Assoce indiquent une création le 4 août 2026, à Arpajon. Son objet déclaré est de transmettre la gastronomie, les savoir-faire et le patrimoine liés au haricot Chevrier et au secteur Arpajon-Brétigny. On assiste donc moins au réveil documenté d’une vieille structure qu’à la reconstruction volontaire d’une tradition.
Le samedi 19 septembre, sous la halle d’Arpajon, le haricot retrouvera ainsi les assiettes après être resté beaucoup plus longtemps dans le nom.