
Aux Ulis, voir une perruche à collier n’est pas l’observation la plus recherchée. Ce qui intéresse une équipe du CNRS et de l’Université Paris-Saclay, ce sont les arbres où elles reviennent en nombre à la fin de la journée. Les habitants sont invités à signaler ces dortoirs collectifs pour aider les scientifiques à choisir leurs terrains d’étude.
Une perruche aperçue dans un parc indique la présence de l’espèce. Un dortoir permet d’observer un groupe en train de se constituer. Le questionnaire ParrotRoost demande donc où et quand ces rassemblements ont été vus. L’équipe veut notamment comprendre le rôle des vocalisations dans la composition des dortoirs, mais aussi savoir comment ces concentrations d’oiseaux sont perçues par les personnes vivant à proximité.
Le projet en est encore à cette première étape : trouver les bons arbres. Leur localisation donne aux chercheurs des lieux précis où observer la formation des groupes, plutôt qu’une simple carte indiquant où l’espèce a été aperçue.
Le terrain est particulièrement familier en Île-de-France. La LPO fait remonter l’essor de la population actuelle aux environs des aéroports d’Orly et de Roissy dans les années 1990 et estimait sa population francilienne à environ 5 000 individus en 2015, puis à plus de 8 000 en 2021. La base régionale Biodiv’ÎdF recense l’espèce dans des centaines de communes, notamment aux Ulis, à Massy, Orsay et Palaiseau.
Faire travailler des habitants sur ces oiseaux n’est pas inédit. Des données du programme participatif BirdLab ont déjà alimenté une étude publiée en 2020 sur les interactions entre les perruches et d’autres oiseaux aux mangeoires. Elles montrent que des observations structurées par des volontaires peuvent fournir des données exploitables par la recherche.
Cette fois, il faut d’abord trouver les endroits où les groupes se reforment chaque soir. Aux Ulis comme ailleurs en Essonne, les habitants qui voient régulièrement de nombreuses perruches converger vers le même arbre peuvent signaler le lieu et le moment de leur observation dans le questionnaire ParrotRoost. Quelques cris dans un arbre peuvent ainsi indiquer aux chercheurs où aller écouter de beaucoup plus près.
Sources consultées
- Ville des Ulis, Fabrique citoyenneLes perruches à collier en Île-de-France
- Équipe scientifique CNRS et Université Paris-SaclayParrotRoost
- LPO Île-de-FranceLa Perruche à collier et la biodiversité en Île-de-France
- Agence régionale de la biodiversité en Île-de-FrancePerruche à collier, Psittacula krameri | Biodiv’ÎdF