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PFAS : en Essonne, les boues d’épuration envoyées vers l’agriculture passent sous surveillance

De La Ferté-Alais à Évry, plusieurs stations doivent rechercher les PFAS dans des boues destinées à l’agriculture, un maillon discret entre assainissement et sols.

Boues d’épuration et terres agricoles

La surveillance des PFAS gagne un endroit peu visible du cycle de l’eau en Essonne : les boues produites par les stations d’épuration lorsqu’elles sont destinées à l’agriculture. La préfecture a publié huit arrêtés visant explicitement les systèmes de D’Huison-Longueville-La Ferté-Alais, Briis-sous-Forges, Étampes-Morigny-Champigny, Étréchy, deux installations à Saint-Vrain, le secteur de Milly-la-Forêt et la station du Moulin-Neuf à Ollainville.

La série est même plus large que ne le suggèrent ces huit intitulés. Un autre arrêté préfectoral, référencé 2026/DRIEAT/SPPE/053, impose lui aussi une campagne sur les PFAS dans les boues de la station Exona du SIARCE, à Évry, lorsqu’elles sont destinées directement ou indirectement à l’agriculture. Ce texte prévoit quatre campagnes de prélèvement et d’analyse sur douze mois au maximum, espacées de deux à quatre mois, avec une première campagne avant la fin de 2026. Les résultats doivent être transmis à la police de l’eau dans le mois suivant leur réception.

Cette surveillance applique en Essonne une campagne lancée au printemps par l’État. Elle vise en 2026 les stations d’au moins 10 000 équivalents-habitants et porte sur 52 PFAS. Ce seuil cible une petite fraction du parc français, environ 6 % des stations, mais près de 86 % des volumes de boues produits. Dans le département, le SIARCE donne une idée de l’échelle : Exona, à Évry, est dimensionnée pour 96 000 équivalents-habitants, Marolles à Saint-Vrain pour 22 000 et Lardy à Saint-Vrain pour 12 680.

Une station d’épuration ne produit en effet pas seulement de l’eau traitée. Elle produit aussi des boues, qui peuvent être épandues comme matière fertilisante ou passer par une installation de compostage ou de méthanisation avant de rejoindre des sols agricoles. Les PFAS susceptibles d’y parvenir avec les eaux usées peuvent donc emprunter une autre sortie de la station que l’eau rejetée dans le milieu naturel.

La campagne ne signifie pas que ces boues essonniennes sont contaminées. Elle doit précisément le mesurer. En revanche, un résultat élevé peut modifier leur destination. Le cadre national et l’arrêté vérifié à Évry prévoient, selon les substances et les concentrations, une suspension de la valorisation agricole, une contre-analyse ou l’orientation vers une autre filière. Un dépassement confirmé peut aussi conduire à rechercher l’origine des PFAS dans le réseau et à analyser des sols ayant reçu les boues de la station au cours des cinq années précédentes. Pour certains seuils issus du règlement européen sur les polluants organiques persistants, les boues doivent être détruites par incinération.

Les boues peuvent donc continuer à être recyclées en agriculture, mais leur destination dépend désormais aussi de leur teneur en PFAS. À Évry, les premières analyses doivent commencer avant la fin de l’année. De La Ferté-Alais à Saint-Vrain et Ollainville, le trajet des boues vers le compost ou les champs passe désormais aussi par la mesure des PFAS.

Sources consultées
  1. Préfecture de l’EssonneEau : arrêtés préfectoraux et récépissés de déclaration
  2. Préfecture de l’EssonneArrêté préfectoral n° 2026/DRIEAT/SPPE/053 relatif à la station d’épuration du SIARCE située à Évry
  3. Ministère de la Transition écologique, via Ineris AIDACirculaire du 27 avril 2026 relative à la recherche de PFAS dans les boues issues de stations d’épuration destinées à la valorisation agricole
  4. SIARCEL’assainissement collectif