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À Draveil, une ville a poussé entre la forêt et la Seine

Argile estime à 50 % la couverture arborée de Draveil. Forêt de Sénart, cité-jardin et anciennes sablières racontent comment ce paysage a traversé l'urbanisation.

Illustration - Draveil entre forêt et Seine

À Draveil, la ville ouvre directement sur la forêt de Sénart, tandis que la Seine borde la commune sur plusieurs kilomètres. Entre les deux vivent 30 098 habitants. Avec les fortes chaleurs de cet été, cette géographie saute aux yeux : dans une commune dense de l’agglomération parisienne, les arbres occupent encore une place inhabituelle.

Une cartographie publiée en juin par la société Argile, à partir des données LiDAR de l’IGN, estime la couverture arborée de Draveil à 50 %. La moyenne des communes franciliennes correctement cartographiées dans l’étude tourne autour de 25 %. La Ville utilise un autre indicateur et chiffre son « patrimoine paysager » à 53 % du territoire. Surtout, l’Office national des forêts compte 521,6 hectares de forêt domaniale de Sénart dans les limites de Draveil, près du tiers de la superficie communale.

Cette présence végétale n’est pourtant pas le simple vestige d’une ville qui n’aurait jamais été urbanisée. Draveil a plus que doublé sa population entre 1954 et 1968. Des ensembles de logements sont alors sortis de terre à Villiers, aux Bergeries ou à l’Orée de Sénart. Mais la croissance s’est glissée entre de grands morceaux de paysage déjà présents.

Paris-Jardins en donne un exemple remarquable. En 1911, des employés de commerce et des ouvriers réunis en coopérative achètent l’ancien château de Draveil pour créer une cité-jardin inspirée du modèle anglais. Le lotissement de 320 parcelles conserve les allées et une partie du parc du XVIIIe siècle. Un morceau d’ancien domaine aristocratique devient ainsi un quartier résidentiel sans effacer complètement son paysage.

À l’autre bout de la commune, la nature a une histoire presque inverse. Les terrains du Port aux Cerises ont longtemps été exploités comme sablières pour alimenter les chantiers parisiens. Certaines excavations sont restées en eau après l’arrêt des carrières. À partir des années 1970, le site est réaménagé et planté. L’île de loisirs, aujourd’hui étendue sur environ 200 hectares entre Draveil et Vigneux-sur-Seine, mêle étangs, bois et prairies. On y vient marcher, pique-niquer, faire du vélo, du poney ou du canoë.

Draveil apparaît ainsi comme une ville façonnée autour de paysages d’origines très différentes : la forêt de Sénart, les anciens domaines, les coteaux de Champrosay, la Seine et même des carrières reconquises par l’eau et les arbres.

Sa vieille devise, « Inter undas et arbores », signifie « entre les eaux et les arbres ». Elle sonne particulièrement juste au Port aux Cerises : les plans d’eau où se promènent aujourd’hui les familles sont aussi les traces des sablières qui ont contribué, autrefois, à construire Paris.

Sources consultées
  1. Ville de DraveilCentre-ville
  2. ArgileCanicule et inégalités vertes : l'Île-de-France à l'épreuve du 3-30-300
  3. Office national des forêtsAménagement de la forêt domaniale de Sénart
  4. Région Île-de-FranceBase régionale de loisirs du Port aux Cerises
  5. InseeComparateur de territoires, commune de Draveil