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À Saclay, les étangs aménagés pour Versailles sont devenus un refuge pour les oiseaux

À Saclay, l’étang Vieux relie l’ancien réseau hydraulique de Versailles à un site aujourd’hui protégé pour ses oiseaux, accessible lors de visites guidées.

Sur la rive nord de l’étang Vieux, un « grand nid » de bois de 35 m² émerge de la roselière sur pilotis. L’image résume assez bien l’étrange destin des étangs de Saclay : aménagés dans le système qui conduisait l’eau du plateau jusqu’aux fontaines de Versailles, ils sont aujourd’hui devenus un refuge pour les oiseaux.

Trois visites guidées de l’observatoire sont programmées les 8 et 20 août puis le 12 septembre, de 9 h à 11 h, avec une guide et en partenariat avec l’Association des étangs et rigoles du plateau de Saclay (ADER) et le Syndicat d’initiative de Vauhallan. Le tarif est de 7,50 euros. La billetterie affiche les trois séances complètes, mais permet de s’inscrire sur la liste d’attente.

Cette ouverture ponctuelle tient aussi au statut particulier du lieu. Les étangs se trouvent sur une propriété du ministère des Armées dépendant de la DGA Essais propulseurs. Dans un entretien publié par l’établissement public Paris-Saclay, la présidente de l’ADER, Renée Delattre, explique que les associations habilitées à y mener des observations doivent respecter des procédures strictes. Ces visites se font donc sur réservation, et non au détour d’une promenade improvisée.

Les étangs ont longtemps eu d’autres fonctions. Dans les années 1680, Thomas Gobert met en place, à la demande de Colbert, un réseau d’étangs, de rigoles et d’aqueducs destiné à recueillir les eaux du plateau et à les conduire par gravité jusqu’à Versailles. Après la Seconde Guerre mondiale, les étangs de Saclay sont recreusés pour répondre aux besoins en eau du site d’essais de la DGA.

Plus de 255 espèces d’oiseaux avaient été observées sur le site au cours des vingt années précédant la construction de l’observatoire, selon l’établissement public Paris-Saclay. Situés sur un axe migratoire, l’étang Vieux et l’étang Neuf servent d’escale, de lieu d’hivernage ou de nidification. Leur richesse a conduit le préfet de l’Essonne à signer, le 3 février 2026, un arrêté protégeant les biotopes des deux étangs. La grande roselière de l’étang Neuf accueille notamment le blongios nain et le butor étoilé, deux espèces très rares.

Aujourd’hui, dans le nid de bois de l’étang Vieux, les visiteurs ouvrent leur livret d’oiseaux et lèvent les jumelles vers les roseaux.

Sources consultées
  1. Mairie de SaclayObservatoire ornithologique
  2. Destination Paris-SaclayL’observatoire ornithologique des étangs de Saclay
  3. Préfecture de l’EssonneAPPB - Les arrêtés en Essonne
  4. Établissement public d’aménagement Paris-SaclayProgramme d’action de la ZPNAF, point d’étape 2019-2020
  5. Association des Étangs et Rigoles du Plateau de SaclayHistorique