
Des oiseaux morts, des œufs brisés et des restes de nids ont été découverts mardi 4 août au pied d’arbres fraîchement élagués, rue de Talhouët à Ris-Orangis. La Société parisienne d’élagage, qui intervenait sur place, a depuis reconnu la destruction d’un nid contenant des oisillons. Elle affirme que celui-ci n’avait pas été repéré avant le début des travaux.
Selon l’association Futur, alertée par des riverains, la Ville a suspendu le chantier et l’élagage ne reprendra qu’en septembre, après la période de nidification. Le nombre précis de nids et d’animaux touchés, ainsi que les espèces concernées, n’ont pas été établis publiquement.
L’entreprise dit vouloir renforcer les contrôles visuels avant chaque intervention, mieux former ses équipes et reporter les travaux lorsqu’une présence animale est détectée. Elle prévoit aussi de revoir ses protocoles avec les donneurs d’ordre et de se rapprocher d’une association de protection des oiseaux.
Ces engagements touchent au fonctionnement même d’un chantier d’élagage urbain. La commune ne commande pas chaque coupe comme une opération isolée. Elle dispose d’un accord-cadre de quatre ans couvrant la taille, l’abattage, l’échenillage, l’essouchement et le traitement de son patrimoine arboré, dans la limite de 350 000 euros hors taxes pour ce lot. Il s’agit d’un plafond de commandes pour l’ensemble du contrat, et non du coût du chantier de la rue de Talhouët.
Les documents municipaux attribuent ce lot à la société Forêt de l’Île-de-France. La Société parisienne d’élagage affirme pour sa part être intervenue dans le cadre d’un marché confié par la ville, sans préciser son rôle dans cette chaîne d’exécution. Cette répartition détermine qui reçoit l’ordre de travaux, qui inspecte les arbres et qui peut arrêter l’intervention.
Élaguer en été n’est pas interdit par principe. La Ligue pour la protection des oiseaux recommande toutefois d’éviter ces interventions du 16 mars au 31 août. Pour les espèces protégées, le Code de l’environnement interdit notamment la destruction des œufs et des nids. En pratique, lorsqu’une coupe ne peut pas attendre l’automne, tout dépend de l’examen effectué sur place, arbre après arbre.
Ris-Orangis s’est engagée dans un Atlas de la biodiversité communale, présenté par la ville comme un outil destiné à intégrer la nature dans ses décisions d’aménagement et de gestion. Mais une carte ou un inventaire ne voit pas le nid caché dans les branches. Cette connaissance doit se traduire dans les bons de commande, les consignes transmises aux entreprises et les contrôles effectués sur place.
La commune n’a pas encore expliqué publiquement pourquoi cette intervention avait été programmée en août, ni si elle répondait à un impératif de sécurité. Cette réponse permettra de distinguer une opération urgente mal contrôlée d’une taille qui aurait pu attendre quelques semaines.
Rue de Talhouët, les travaux doivent reprendre en septembre. Avant la première nouvelle coupe, la ville et ses entreprises devront surtout avoir décidé qui regarde dans chaque arbre et qui prononce le mot « stop ».
Sources consultées
- Société parisienne d’élagageÀ la suite d’une intervention d’élagage réalisée à Ris-Orangis
- Ville de Ris-OrangisDécision n° 2025/002, marché d’entretien des espaces verts et du patrimoine arboré
- Ville de Ris-OrangisObjectif nature en ville : Atlas de la biodiversité
- Ligue pour la protection des oiseauxLes oiseaux font leur nid : ne taillez pas les haies, n’élaguez pas les arbres
- Association FuturPublication sur l’élagage rue de Talhouët
- Le Parisien« C’est complètement immoral » : des oiseaux morts et des nids saccagés après des travaux d’élagage à Ris-Orangis