
Dans son laboratoire de Genopole Campus 3, à Évry-Courcouronnes, Amatera travaille sur une idée simple à énoncer, beaucoup moins à exécuter : écarter les mauvais candidats avant d’avoir à faire pousser des milliers de plantes. Son projet CellTera vient d’être retenu parmi 38 entreprises par l’EIC Accelerator, qui le présente comme une plateforme automatisée de régénération de plantes à partir de cellules et de sélection précoce.
La création d’une variété commence par la production de nombreuses variations génétiques, puis par une longue élimination. Les plantes sont cultivées en serre ou au champ pour repérer celles qui portent les caractères recherchés : résistance à une maladie, tolérance à la chaleur, rendement ou qualité. Chez le café robusta, le développement d’une nouvelle variété peut dépasser vingt ans.
CellTera cherche à effectuer une partie de ce tri plus tôt. Amatera associe culture de cellules végétales, robotique et analyse de données pour examiner les candidats avant leur passage en serre. Les cellules retenues doivent ensuite être régénérées en plantes entières, qui poursuivent le parcours classique d’évaluation.
Fondée en 2022, l’entreprise concentre actuellement ses propres programmes sur le café et la vigne. Elle cite notamment des caféiers adaptés à la chaleur et des cépages plus résistants aux maladies. En mars, elle a levé 6 millions d’euros pour développer ses équipes, poursuivre l’automatisation et étendre la plateforme à des cultures annuelles.
Le soutien de l’EIC doit financer ce passage à l’échelle. Aucune variété issue de CellTera n’est encore annoncée comme prête à être cultivée. La liste officielle classe le projet parmi ceux sélectionnés en vue d’un financement mixte, associant subvention et prise de participation. Le montant réservé à Amatera n’est pas public et les accords devaient encore être finalisés après l’annonce de juin.
Le verrou se situe dans la régénération. Celle-ci dépend fortement de l’espèce et du génotype : un protocole efficace pour une variété peut échouer sur une autre. Une cellule jugée intéressante doit encore produire une plante stable et fertile, puis conserver au champ les qualités repérées au laboratoire. Amatera ne publie pas encore de résultats comparatifs détaillant le débit de CellTera, ses taux de régénération ou les performances agronomiques obtenues.
À Évry, son laboratoire de recherche et développement est installé rue Pierre-Fontaine, au sein de Genopole. L’entreprise mentionne des partenariats avec le Cirad, l’Université du Costa Rica et le laboratoire IPS2 de l’INRAE. Le campus vient par ailleurs de renforcer l’accès de ses entreprises et laboratoires à vingt équipements scientifiques mutualisés.
Pour CellTera, le prochain résultat décisif ne sera pas une nouvelle distinction. Il devra sortir du laboratoire d’Évry sous la forme d’une plante régénérée de manière reproductible, puis montrer au champ que les caractères repérés en laboratoire sont bien présents et stables.
Sources consultées
- Conseil européen de l’innovation38 start-ups and SMEs secure EIC support in latest round of the EIC Accelerator
- Conseil européen de l’innovationEIC Accelerator 2026 - 1st and 2nd Batch
- Amatera BiosciencesAmatera raises €6M to speed up the development of climate resilient crops
- GenopoleAmatera Biosciences
- Frontiers in Plant ScienceNew Insights Into Tissue Culture Plant-Regeneration Mechanisms