
Le 16 juillet, un contrôle inopiné de la protection maternelle et infantile a permis de découvrir dix-sept enfants à L’Atelier des Petits, à Yerres. Selon la Ville, douze d’entre eux étaient enfermés dans une voiture stationnée au sous-sol. La structure se présentait publiquement comme une maison d’assistantes maternelles accueillant huit enfants.
Après un refus d’ouvrir la porte, les agents de la PMI ont sollicité la police municipale. Selon le parquet d’Évry, les deux professionnelles sont poursuivies, placées sous contrôle judiciaire et doivent être jugées fin septembre. Elles n’ont pas été condamnées à ce stade.
L’affaire a souvent été décrite comme celle d’une « crèche illégale ». Une maison d’assistantes maternelles, ou MAM, n’est pourtant pas une petite crèche dotée d’une direction et d’un agrément collectif. C’est un local commun où travaillent des professionnelles disposant chacune de leur propre agrément. Chaque famille emploie directement l’assistante à laquelle elle confie son enfant.
La capacité d’accueil dépend donc des agréments individuels des professionnelles. Le plafond ordinaire est de quatre enfants par assistante maternelle, avec des dérogations encadrées. Une MAM peut réunir jusqu’à six assistantes maternelles, dont quatre présentes en même temps.
À Yerres, cette organisation était peu visible depuis l’extérieur. Une fiche publique présentait deux assistantes maternelles accueillant huit enfants dans une maison aménagée pour cette activité. Le guide municipal des modes de garde de 2025 faisait également apparaître L’Atelier des Petits sur sa carte. Cette présence informait les familles de l’existence du lieu ; elle ne valait pas validation municipale des agréments.
La répartition des rôles explique cette nuance. Depuis 2025, les communes recensent les besoins, renseignent les familles et organisent le développement de l’offre locale. L’agrément, son éventuelle suspension et le contrôle des assistantes maternelles restent du ressort du Département et de sa PMI.
Le contrôle du 16 juillet a permis de découvrir la situation. En revanche, le Département de l’Essonne n’a pas publié son propre déroulé des alertes, des agréments et des visites. Rien ne permet donc encore d’établir si l’affaire révèle une défaillance antérieure du suivi ou la dissimulation délibérée d’une activité que les services cherchaient précisément à contrôler.
À Yerres, la différence entre lieu partagé et responsabilités individuelles apparaît nettement : pour les familles, il y avait une maison, un nom et une capacité annoncée de huit enfants ; pour le droit, plusieurs contrats et plusieurs situations professionnelles à vérifier séparément. Le 16 juillet, cet écart est apparu derrière la porte du garage.
Sources consultées
- Ville de YerresCommuniqué de presse de Monsieur le Maire
- Parquet d’Évry, propos rapportés par l’AFP et Le ProgrèsCrèche clandestine dans une voiture : deux assistantes maternelles bientôt jugées
- Ministère du Travail et des SolidaritésGuide pratique « Créer une maison d’assistants maternels »
- LégifranceArticles L421-4 et L421-4-1 du code de l’action sociale et des familles
- Ville de YerresGuide 2025, aides et tarifs des modes de garde pour les 0-3 ans