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Baignade en Seine : en Essonne, l’eau avance plus vite que les plages

Ris-Orangis a suspendu son projet, Corbeil-Essonnes a laissé passer l’échéance de 2025 et Le Coudray-Montceaux reste sans calendrier.

Berge de Seine avec baignade interdite

Aucune baignade en Seine n’a ouvert en Essonne cet été. À Ris-Orangis, le projet est suspendu. À Corbeil-Essonnes, la date promise de 2025 est passée. Le Coudray-Montceaux continue de placer la baignade parmi ses projets, mais sans publier de calendrier, de budget ni de mode d’exploitation.

Ris-Orangis a pris la décision la plus nette. Dans son éditorial d’avril, la nouvelle maire Sonia Benameur invoque un coût élevé et un effet jugé trop limité sur le quotidien des habitants. La commune n’a toutefois pas rendu publique l’estimation qui fonde cet arbitrage.

À Corbeil-Essonnes, la promesse s’est défaite par étapes. En juillet 2024, la Ville annonçait encore l’ouverture d’une baignade dès 2025 et affirmait que la qualité de l’eau était « au rendez-vous ». Sept mois plus tard, son magazine ne parlait plus que d’un espace sécurisé attendu « d’ici quelques années ». En juillet 2026, la communication municipale ne donne plus de date et rappelle que l’arrêté préfectoral de 2017 interdit toujours la baignade dans toute la traversée essonnienne de la Seine. Le projet n’est donc pas formellement abandonné, mais aucun chantier ni calendrier actualisé n’a été annoncé.

Ce recul ne signifie pas que rien n’a été fait pour le fleuve. Le contrat Eau et Climat conclu pour 2022-2025 prévoyait 54 actions, dix maîtres d’ouvrage et plus de 27 millions d’euros hors taxes. Cette enveloppe cumulait les interventions de communes, de syndicats, de Grand Paris Sud et du Département pour améliorer la Seine. Elle ne constituait pas le budget de trois plages.

En février 2026, Grand Paris Sud a approuvé de nouveaux échanges de données sur la qualité des eaux de baignade avec la Ville de Paris, ainsi que des demandes de subventions pour des travaux dans les stations d’épuration d’Évry-Courcouronnes et du Coudray-Montceaux. Ces travaux d’assainissement se poursuivent indépendamment des aménagements de baignade.

Une eau suffisamment propre ne suffit pas à ouvrir la berge. Il faut délimiter un site compatible avec la navigation, l’aménager, le surveiller, analyser l’eau et pouvoir le fermer rapidement après une pollution ou de fortes pluies. Les huit baignades annoncées en Seine et en Marne pour l’été 2026 ont chacune un gestionnaire chargé de la surveillance et des fermetures.

La promesse essonnienne a donc précédé l’organisation permettant de la tenir. Les collectivités ont su financer une politique commune de qualité de l’eau. Elles n’ont pas encore défini, commune par commune, le coût, le gestionnaire et les responsabilités d’une baignade publique. Dans son rapport de 2024, le Département envisageait le passage des premiers sites à la phase opérationnelle à l’horizon 2030, sous réserve des partenariats nécessaires à leur gestion.

À Ris-Orangis, la commune a suspendu le projet, jugeant son coût trop élevé pour une utilité limitée. À Corbeil-Essonnes, aucune échéance n’est annoncée. Au Coudray-Montceaux, le projet reste sans calendrier. Pour l’été 2026, sur les berges essonniennes de la Seine, le panneau n’a pas changé : baignade interdite.

Sources consultées
  1. Ville de Ris-OrangisLa Gazette de Ris-Orangis, n° 152, avril 2026
  2. Ville de Corbeil-EssonnesImagine Corbeil-Essonnes, juillet-août 2024
  3. Ville du Coudray-MontceauxAccueillir le futur de notre territoire
  4. Département de l’EssonneDossier de presse de l’Assemblée départementale du 28 mars 2022
  5. Grand Paris SudDécisions du bureau communautaire du 10 février 2026
  6. DRIEAT Île-de-FranceRéouverture des sites de baignade en Île-de-France : huit sites ouverts pour la saison 2026