
L’Essonne présente un curieux paradoxe hospitalier. En 2025, ses services d’urgence ont enregistré 388 809 passages, en baisse de 3,1 % sur un an. Rapporté à la population, cela représente 287 passages pour 1 000 habitants, le deuxième ratio le plus faible d’Île-de-France après les Yvelines. Pourtant, les patients qui rentrent chez eux y passent davantage de temps que dans les sept autres départements franciliens : 3 h 29 en médiane.
Cette médiane signifie que la moitié de ces passages durent moins de 3 h 29 et l’autre moitié davantage. Un quart s’achève en moins de 1 h 55, mais un autre quart atteint au moins 5 h 44. Seulement 57 % se terminent avant quatre heures, contre 65 % dans l’ensemble de la région. Dans les Hauts-de-Seine, département le plus rapide selon ce même indicateur, la médiane descend à 2 h 23.
Les 3 h 29 ne correspondent toutefois ni à une moyenne, ni au temps passé dans une salle d’attente. L’Observatoire régional calcule la durée comprise entre l’enregistrement à l’entrée et la sortie du service. Il ne retient ici que les patients rentrés à domicile et précise que le délai précédant la prise en charge médicale n’est pas collecté. Parler de « 3 h 29 d’attente » serait donc faux.
Ce temps total additionne le tri, les premiers soins, la consultation, les examens éventuels, l’obtention des résultats, la surveillance et la préparation de la sortie. Une enquête nationale de la Drees aide à comprendre cette mécanique : pour la moitié des patients, la prise en charge médico-soignante débute moins de trente minutes après l’enregistrement, mais un patient sur dix attend plus de 2 h 25. La séquence la plus longue se situe ensuite entre le début des soins et la sortie, avec plus de 2 h 05 pour la moitié des patients observés.
Le faible nombre de passages rapporté à la population ne suffit donc pas à garantir des parcours rapides. À l’échelle régionale, le rapport montre que la durée varie selon le type et la taille du service, ainsi que l’heure d’arrivée. Mais il ne publie ni durée par établissement essonnien, ni chronologie détaillée de chaque étape. Impossible, avec ces seules données, de désigner un hôpital ou une cause précise.
Le classement établit néanmoins une différence sensible pour les patients. Parmi ceux qui repartent sans être hospitalisés, 43 % restent au moins quatre heures et un quart atteint au moins 5 h 44. En Essonne, en 2025, le parcours qui se termine par un retour à domicile affiche ainsi la durée médiane la plus longue d’Île-de-France.
Sources consultées
- Observatoire régional des soins non programmés d’Île-de-FranceActivité des structures d’urgence en Île-de-France 2025
- Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiquesUrgences : la moitié des patients attendent moins d’une demi-heure avant le début des soins, mais un sur dix plus de 2 heures 30