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Incendies de Fontainebleau : feu fixé, A6 toujours fermée

Jeudi 16 juillet à 10 heures, l’A6 restait fermée dans les deux sens. Les fumées peuvent encore se déplacer et près de 1 000 pompiers traitent les reprises.

Fumées au-dessus de l’autoroute A6

Les incendies de la forêt de Fontainebleau sont fixés, mais leurs conséquences continuent de toucher le sud de l’Essonne. Jeudi 16 juillet, le dernier point opérationnel publié à 10 heures faisait encore état de reprises localisées dans des secteurs déjà parcourus par les flammes. Près de 1 000 pompiers restaient engagés. À la même heure, l’A6 demeurait fermée dans les deux sens et aucune date de réouverture n’était annoncée.

Le front du feu n’avance plus depuis mardi après-midi. Environ 900 habitants d’Achères-la-Forêt et du Vaudoué, évacués dimanche, ont pu regagner leur domicile. Aucun décès n’a été signalé et les premiers bilans faisaient état de dégâts limités aux bâtiments. Pour les Essonniens, les conséquences immédiates concernent désormais les déplacements vers le sud, les fumées et la durée des opérations menées aux portes de Milly-la-Forêt.

Depuis l’Île-de-France en direction de Lyon, APRR demande aux automobilistes de quitter l’A6 au kilomètre 43, d’emprunter la RN37 puis de reprendre l’autoroute à l’entrée 15 de Fontainebleau. Dans l’autre sens, les véhicules arrivant du secteur de Courtenay doivent passer par l’A19 puis l’A5 pour rejoindre Paris. Les conducteurs peuvent vérifier les déviations actualisées par APRR avant leur départ.

Cette fermeture ne tient pas seulement à la présence de fumée au-dessus de la chaussée. Les pompiers doivent encore traiter les lisières brûlées qui bordent immédiatement l’autoroute, afin qu’une souche ou une zone de végétation mal refroidie ne reparte. Plusieurs glissières de sécurité ont aussi été endommagées par le feu et doivent être évaluées puis remises en état avant la reprise du trafic.

L’autoroute est à la fois l’endroit près duquel le principal incendie s’est déclaré dimanche et l’infrastructure dont l’indisponibilité diffuse les perturbations bien au-delà des parcelles brûlées. Pour le sud de l’Essonne, une coupure située en Seine-et-Marne suffit à allonger les trajets depuis Évry, Corbeil-Essonnes ou Milly-la-Forêt et à reporter une partie du trafic sur des axes secondaires.

Les fumées suivent une autre géographie, dictée par le vent plutôt que par les limites départementales. Entre le 13 et le 14 juillet, la station Airparif de Recloses, proche des foyers, a enregistré des concentrations horaires d’environ 400 microgrammes par mètre cube pour les PM10 comme pour les PM2,5. Sur plus de 100 km², la concentration maximale en PM10 a atteint 80 microgrammes par mètre cube en moyenne journalière, au-dessus du seuil d’information fixé à 50. Ces mesures ne décrivent pas l’air de toute l’Essonne, mais elles établissent que les fumées peuvent provoquer un épisode de pollution marqué autour du massif et se déplacer rapidement.

Lorsque les fumées ou une forte odeur de brûlé sont présentes, l’Agence régionale de santé recommande de réduire le temps passé dehors et les efforts physiques, de fermer les portes et fenêtres et d’interrompre temporairement la ventilation mécanique. Les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires doivent porter un masque FFP2 en cas d’exposition directe et demander un avis médical si une gêne apparaît. Une simple odeur, sans difficulté respiratoire, ne justifie pas à elle seule d’appeler le 15.

Près de 2 000 hectares ont été parcourus par les flammes, principalement autour de Noisy-sur-École et dans le secteur de la Faisanderie. L’ARS indique que l’incendie s’étend en Seine-et-Marne et en Essonne, mais aucun chiffre départemental précis n’était encore publié jeudi.

Dans les secteurs de sable et de tourbe, le feu peut continuer à couver dans les souches et sous la surface, puis réapparaître après un changement de vent. Les équipes doivent retourner la terre et noyer séparément ces points chauds. C’est pourquoi un incendie peut être fixé, donc contenu dans son périmètre, tout en exigeant encore plusieurs jours ou plusieurs semaines de surveillance.

L’enquête sur le principal départ de dimanche s’est également précisée. Jeudi, le gérant d’une entreprise chargée de travaux sur l’A6 et deux ouvriers ont été présentés à un juge d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen. Le parquet examine l’hypothèse d’un incendie involontaire lié à un manquement aux règles de prudence ou de sécurité. Les expertises doivent encore déterminer la cause exacte du départ de feu et son lien avec l’incendie qui s’est propagé dans la forêt.

Cette procédure est distincte de celles ouvertes après deux départs de feu constatés lundi à Arbonne-la-Forêt et près de la Faisanderie. Deux jeunes hommes ont été mis en examen dans ces dossiers séparés, dont un sapeur-pompier volontaire placé en détention provisoire. Aucun de ces développements ne permet de leur attribuer le principal incendie de dimanche.

La prochaine étape décisive pour l’Essonne sera la réouverture de l’A6. Elle dépend du refroidissement des lisières par les pompiers et de la remise en état des équipements par APRR. Tant que ces deux conditions ne sont pas réunies, les déviations resteront en place au sud du département.

Sources consultées
  1. Ville de Bois-le-RoiIncendies - Point de situation
  2. APRR / Autoroute INFOEn DIRECT : Fermeture de l'A6 en Seine-et-Marne
  3. Agence régionale de santé Île-de-FranceIncendies de la forêt de Fontainebleau : recommandations sanitaires
  4. AirparifIncendies à Fontainebleau
  5. Gendarmerie nationaleIncendie en forêt de Fontainebleau : déplacement du ministre de l’Intérieur et mobilisation de la gendarmerie
  6. RTLEN DIRECT - Incendies et canicule : trois personnes et la société AXIMUM devant un juge dans l'enquête sur le feu de Fontainebleau