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À Saint-Aubin, les aimants qui fabriqueront la lumière de SOLEIL II

Le programme européen LEAPS ULTRAFAST ouvre deux bourses postdoctorales à SOLEIL, sur les onduleurs des futures lignes DESIRS et SEXTANTS.

Onduleur du synchrotron SOLEIL

À Saint-Aubin, le Synchrotron SOLEIL apparaît dans le premier appel du programme européen LEAPS ULTRAFAST avec deux bourses postdoctorales liées à SOLEIL II. Les candidats ont jusqu’au 30 septembre 2026 pour préparer leur dossier sur la plateforme du programme, avec un démarrage prévu début 2027.

À l’échelle d’un grand équipement scientifique, l’annonce tient en peu de mots: deux bourses, deux lignes de lumière, des aimants. Elle raconte pourtant une partie essentielle du futur synchrotron. SOLEIL II ne se jouera pas seulement dans le remplacement de l’anneau où circulent les électrons. Il faudra aussi fabriquer les dispositifs qui décident de la lumière envoyée vers les expériences.

Ces dispositifs s’appellent des onduleurs. Placés sur la trajectoire des électrons, ils les font osciller dans un champ magnétique pour produire un rayonnement choisi: énergie, intensité, polarisation, stabilité. Avant d’analyser une molécule, un matériau magnétique ou une réaction chimique, il faut d’abord fabriquer le bon faisceau de lumière. À SOLEIL, cette fabrication est une affaire d’ingénierie de précision.

Les deux sujets ouverts à Saint-Aubin concernent DESIRS et SEXTANTS. DESIRS travaille dans l’ultraviolet du vide, entre 5 et 40 eV, avec une combinaison rare de résolution, de flux et de polarisation ajustable. SEXTANTS couvre les rayons X mous et sert notamment à étudier les propriétés électroniques et magnétiques des solides par diffusion de rayons X polarisés. Dans les deux cas, la performance scientifique dépend d’un objet très matériel: l’aimant qui crée la source.

L’appel LEAPS ULTRAFAST ne livre donc pas une découverte prête à être publiée dans une revue. Il finance une étape de préparation: 57 bourses postdoctorales en Europe, sur cinq ans, dans de grandes infrastructures de photonique. Pour SOLEIL, l’intérêt local est plus précis que le label européen. Il s’agit d’attirer des chercheurs capables de modéliser, mesurer, corriger et intégrer des onduleurs dans une machine en transformation.

La difficulté vient de SOLEIL II lui-même. Le projet doit conserver l’infrastructure de Saint-Aubin tout en remplaçant l’accélérateur de 354 mètres de circonférence. SOLEIL annonce un faisceau d’électrons 40 fois plus petit et des faisceaux de photons au moins 100 fois plus brillants et cohérents dans les rayons X. Cette promesse impose des marges plus serrées: aimants plus compacts, trajectoires plus sensibles, stabilité plus exigeante.

C’est ce qui prolonge le sujet déjà abordé par La Clé Publique sur les marchés d’aimants de SOLEIL II. Après les composants, voici les compétences. L’innovation locale se trouve dans un assemblage d’aimants, de mesures et de corrections qui devra tenir dans la nouvelle géométrie de la machine.

Pour l’Essonne, cette annonce vaut moins comme recrutement isolé que comme indice de chantier. À Saint-Aubin, le synchrotron de demain se prépare dans des objets que le public ne verra presque jamais, mais dont dépendra la lumière envoyée vers les échantillons.

Sources consultées
  1. Synchrotron SOLEILProjet LEAPS ULTRAFAST - Ouverture du premier appel à candidatures
  2. LEAPS ULTRAFASTApplying
  3. LEAPS ULTRAFASTProgramme
  4. Synchrotron SOLEILSOLEIL II : un projet ambitieux et innovant
  5. IPAC / InspireHEPSOLEIL II project: entrance in the construction phase