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À Vert-le-Grand, le sac orange passe au grand tri

Le Siredom met en service la deuxième tranche de son unité de tri des biodéchets à Vert-le-Grand, pour séparer les sacs orange du bac gris.

Sacs orange au centre de tri

À Vert-le-Grand, la deuxième tranche de l’unité de tri des biodéchets du Siredom entre en service. La nouveauté tient moins au sac orange, déjà distribué dans plusieurs communes, qu’à la capacité de l’usine qui doit le trier: l’installation est annoncée pour traiter 145 656 tonnes d’ordures ménagères par an.

Ce chiffre mérite d’être pris dans le bon sens. Il ne s’agit pas de 145 656 tonnes de restes alimentaires, mais du volume de poubelles grises que l’usine peut absorber pour y repérer les sacs orange. L’objectif, lui, est de capter environ 22 000 tonnes de biodéchets par an à l’horizon 2029.

C’est ce qui distingue ce nouvel épisode de notre précédent article sur le sac orange en Essonne. Le sujet n’est plus seulement le geste demandé aux habitants. C’est la montée en régime d’un système: le sac part dans le bac gris, voyage avec les ordures ménagères, puis doit être reconnu et séparé à Vert-le-Grand avant de rejoindre le méthaniseur voisin.

Le choix du Siredom est pratique côté trottoir. Pas de nouveau bac dédié aux biodéchets, pas de tournée supplémentaire, pas de camion de plus pour les restes de repas. Les épluchures, le pain, la viande, le poisson ou les serviettes en papier vont dans un sac orange, fermé par un double nœud, puis déposé directement dans le bac ou la borne des ordures ménagères.

La complexité se déplace donc vers le site de Vert-le-Grand. Le tri optique et les robots doivent extraire ces sacs d’un flux mêlé. Les biodéchets alimentaires sont ensuite envoyés vers le méthaniseur situé à environ 500 mètres, à Vert-le-Grand-Écharcon. Les ordures ménagères résiduelles poursuivent, elles, vers l’incinération.

Les deux unités de tri représentent 23,47 millions d’euros d’investissement, dans un ensemble de 46 millions d’euros avec le méthaniseur. Ce dernier est conçu pour traiter 35 000 tonnes de déchets organiques par an, venus des ménages mais aussi de la restauration, des cantines, des grandes surfaces ou de l’industrie alimentaire.

Cette seconde tranche change donc l’échelle du pari. À l’inauguration de septembre 2025, la première unité était en service depuis juillet et la seconde était encore attendue. L’annonce de juin 2026 acte son entrée en fonctionnement. Le Siredom ne précise pas, dans cette annonce, quelles communes supplémentaires basculent avec cette étape: le changement publié se situe d’abord côté usine.

Le calendrier n’est pas un hasard. Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités doivent proposer aux habitants une solution de tri à la source des biodéchets. Certaines misent sur le compostage de proximité ou sur une collecte séparée. En Essonne, le Siredom pousse une autre réponse: garder une collecte simple pour l’usager, puis automatiser la séparation.

Ce choix a une vraie logique dans un territoire mêlant pavillons, résidences, centres-villes et grands ensembles. Il a aussi sa faiblesse: si le mauvais sac est utilisé, si le sac est mal fermé, si le flux est trop pollué, la promesse industrielle perd de sa force. Le sac orange ne vaut que parce qu’une chaîne entière le reconnaît.

À Vert-le-Grand, le tri des restes de cuisine quitte donc la cuisine pour devenir une affaire de capteurs, de lignes de tri et de méthaniseur. Dans la poubelle grise, l’Essonne a ajouté une couleur que l’usine doit savoir reconnaître.

Sources consultées
  1. SiredomLa deuxième tranche de l’unité de tri des biodéchets entre en service à Vert-le-Grand
  2. L’Usine Nouvelle46 millions d’euros investis pour améliorer le tri des déchets en Essonne
  3. Cœur d’Essonne AgglomérationLe sac qu’il vous faut pour vos biodéchets
  4. Ministère de la Transition écologiqueTri à la source des biodéchets: une obligation, de nombreuses solutions
  5. SemardelLes déchets acceptés en méthanisation