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À Épinay-sous-Sénart, la géothermie se joue aussi dans l’entretien

La SEMGEP relance l’exploitation du réseau de chaleur géothermique d’Épinay-sous-Sénart, un service qui chauffe 5 850 équivalents-logements.

Réseau géothermique sous la ville

La SEMGEP lance un nouveau marché pour exploiter les installations de production et de distribution du réseau de chaleur géothermique d’Épinay-sous-Sénart. Les offres sont attendues jusqu’au 16 juillet 2026, avec une visite obligatoire des installations les 23 ou 24 juin.

L’avis ressemble à un document de spécialistes. Il touche pourtant à une question très ordinaire : comment des milliers de logements, des écoles et des équipements publics continueront à être chauffés, avec quelle part de géothermie, quelle part de gaz d’appoint et quel niveau de fiabilité.

Le réseau spinolien n’est pas neuf. Réalisé en 1984, il est né de la centralisation de petits réseaux de quartiers construits pendant la forte urbanisation de la ville. Aujourd’hui, selon la SEMGEP, il alimente 5 850 équivalents-logements, des équipements publics et plusieurs secteurs de la commune : Plaine, Cinéastes, Rochopt, Talma. France Chaleur Urbaine recense 85 points de livraison et 39 GWh de chaleur livrée en 2024.

La chaleur vient d’un doublet géothermique profond. L’eau est pompée dans le Dogger, à 1 850 mètres sous le parc de l’Europe, puis remonte à 72 °C avant de transmettre sa chaleur au réseau urbain. Ce n’est pas une magie verte autonome : des chaufferies au gaz restent nécessaires pour l’appoint et le secours, notamment quand la température extérieure chute ou que le réseau demande davantage de puissance.

C’est pour cela que le choix de l’exploitant compte. Dans le marché lancé par la SEMGEP, le prix pèse 50 % de la note, autant que la valeur technique. Les critères ne portent pas seulement sur la présence d’équipes et de matériel. Ils demandent aussi de garantir le taux de couverture en énergie renouvelable, de sécuriser la continuité du service et d’assurer le gros entretien-renouvellement. En langage de logement collectif, cela sert à limiter les pannes, les pertes et les dérives de régulation, avec un réseau qui ne bascule pas trop vite vers le gaz dès que l’hiver se complique.

La géothermie d’Épinay-sous-Sénart est aussi un service public local très encadré. La Ville est propriétaire des installations, la SEMGEP les gère dans le cadre d’un affermage renouvelé jusqu’en 2037, et le précédent contrat d’exploitation primaire SEMGEP-Dalkia courait jusqu’en 2026. Le réseau est classé : dans son périmètre de développement prioritaire, certains bâtiments neufs ou remplaçant une grosse installation de chauffage peuvent être soumis à une obligation de raccordement, sauf dérogation.

Le calendrier arrive après une séquence de travaux. La SEMGEP indique avoir modernisé des sous-stations, déployé une supervision par fibre optique, remplacé à l’automne 2025 des échangeurs géothermiques vieux de quarante ans, et prévu la mise en service du raccordement de la résidence Talma au 1er janvier 2026. Sa feuille de route 2026-2032 prévoit aussi l’ajout de pompes à chaleur industrielles pour renforcer la part renouvelable du réseau.

Cette chaleur locale reste compétitive si le réseau vend assez de chaleur, entretient une infrastructure complexe et raccorde de nouveaux abonnés au bon rythme. Les rénovations thermiques et les hivers plus doux peuvent réduire les consommations. L’extension du réseau permet alors de mieux répartir ses coûts fixes et de protéger son équilibre économique.

À Épinay-sous-Sénart, la transition énergétique n’a pas seulement la forme d’un nouveau projet. Elle passe par une machine souterraine de quarante ans, des sous-stations au pied des immeubles, un exploitant à choisir et une eau chaude qui doit continuer à circuler entre le parc de l’Europe, Talma, les Cinéastes, La Plaine et Rochopt.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPEXPLOITATION DES INSTALLATIONS DE PRODUCTION ET DE DISTRIBUTION DE CHALEUR
  2. France Chaleur UrbaineRéseau d’Épinay-sous-Sénart
  3. Ville d’Épinay-sous-SénartSEMGEP
  4. SEMGEPLa géothermie
  5. SEMGEPLa distribution
  6. France Chaleur UrbaineQu’est-ce qu’un réseau classé ?