Le Parc naturaliste de la Lisière Nord, à Palaiseau, a reçu une Victoire régionale de l’Investissement Local, dans la catégorie Transition écologique. Le prix distingue la deuxième partie de ce parc aménagé entre le quartier de l’École polytechnique, Corbeville et les terres agricoles du plateau de Saclay.
Sur ce plateau, une bordure n’est pas un détail de paysage. Paris-Saclay doit faire tenir ensemble un campus urbain dense, des laboratoires, des logements, des routes, le futur métro, des espaces agricoles protégés et des eaux de pluie qu’il faut retenir, ralentir et guider.
Le parc est présenté par l’EPA Paris-Saclay comme un ensemble de 40 hectares aménagés. Les chiffres donnent l’échelle du travail : 9 010 m² de zones humides, 2 517 arbres plantés, 534 arbres transplantés depuis la pépinière de l’EPA, 24 350 m² de prairies fleuries et 9 791 m² de prairies humides. L’établissement met aussi en avant le réemploi sur site de toutes les terres excavées et l’usage de béton recyclé pour les cheminements. Pour un prix consacré à l’investissement local, le coût propre de cette deuxième partie reste hors champ dans les documents consultés.
La Lisière Nord n’est pas un parc posé après coup pour rendre l’opération plus présentable. Elle appartient à la mécanique de Paris-Saclay : dessiner une limite entre les quartiers construits et la zone de protection naturelle, agricole et forestière du plateau.
Cette zone protégée couvre 4 115 hectares, dont 2 469 hectares agricoles et 1 646 hectares d’espaces naturels, forestiers, cours d’eau et rigoles. Elle n’est pas un décor autour du campus. Elle fixe une contrainte très nette : l’urbanisation doit rester dans son périmètre, et la rencontre avec les champs, les bois, les mares et les rigoles doit être organisée.
L’échelle explique cette exigence. La chambre régionale des comptes rappelle que l’opération d’intérêt national Paris-Saclay couvre 7 700 hectares, 27 communes, près de 650 000 habitants et 300 000 emplois. Sur la partie sud du plateau, les trois ZAC essonniennes doivent accueillir, à l’horizon 2035, plus de 20 000 scientifiques, 30 000 étudiants, 20 000 salariés d’entreprise et près de 15 000 habitants. Une telle concentration ne peut pas se contenter d’un simple ruban vert en bordure.
La lisière sert donc à plusieurs choses à la fois : promenade, continuité écologique, gestion des eaux pluviales, habitat pour des espèces locales, transition avec les espaces agricoles. Les documents de la chambre régionale des comptes classent d’ailleurs les zones humides et espaces naturels de la Lisière Nord parmi les équipements publics des ZAC, avec une propriété et une gestion futures confiées à la Communauté d’agglomération Paris-Saclay. C’est une infrastructure, même si elle ressemble à des prairies et à des mares.
Un jeune parc naturaliste ne devient pas automatiquement un milieu vivant et robuste parce qu’il est primé. Il faudra l’entretenir, suivre ses zones humides, tenir ses cheminements, préserver sa fonction de limite au moment où le campus montera en charge. À Palaiseau, la ville ne se termine pas par un grillage, un talus ou un parking. Elle se termine par une lisière publique, où Paris-Saclay apprend à faire tenir ses nouveaux quartiers au bord des champs.
Sources consultées
- EPA Paris-SaclayLe Parc naturaliste de la Lisière Nord primé aux Victoires régionales de l’Investissement Local !
- EPA Paris-SaclayLa Lisière du Campus urbain Paris-Saclay
- EPA Paris-SaclayLes Terres protégées du Plateau de Saclay
- Chambre régionale des comptes d’Île-de-FranceDépartement de l’Essonne – Opération d’intérêt national Paris-Saclay