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Dans les camions-poubelles de Grand Paris Sud, l’IA passe au tri

Après six capteurs testés, Grand Paris Sud prépare un marché de 35 capteurs pour repérer erreurs de tri et déchets dangereux dans les bennes.

Camion-benne et capteur de tri

Grand Paris Sud avait déjà testé six capteurs dans ses camions-poubelles. L’agglomération prépare maintenant un contrat pour en installer 35, avec maintenance, abonnement et analyse des données par intelligence artificielle.

L’objet est très concret: regarder ce qui tombe dans la benne.

Le marché publié fin mai porte sur l’acquisition, l’installation et la maintenance de capteurs, ainsi que sur une solution logicielle pour la collecte et le tri des déchets. Le contrat est prévu pour 48 mois. Des prestations complémentaires pourront être commandées jusqu’à 600 000 euros hors taxes sur toute la durée du marché. Les offres sont attendues avant le 9 juillet 2026.

Dans son rapport annuel 2024 sur les déchets, Grand Paris Sud expliquait avoir déjà installé six capteurs, trois avec Lixo et trois avec Ficha, dans la trémie de camions de collecte. Ces lecteurs optiques analysent les déchets au moment où ils basculent dans la benne. Ils servent à repérer les erreurs de tri les plus fréquentes: sacs d’ordures ménagères, verre, vêtements ou objets jetés dans le mauvais flux.

Pour les habitants, l’effet ne prendra pas forcément la forme d’un nouvel équipement visible dans la rue. Il pourrait surtout se voir dans les consignes reçues ensuite. Si les mêmes erreurs reviennent sur certains secteurs de collecte, l’agglomération pourra mieux cibler ses rappels, ses contrôles ou le passage de ses ambassadeurs du tri, au lieu de répéter partout les mêmes consignes.

L’autre enjeu est moins pédagogique: la sécurité des tournées. Grand Paris Sud a indiqué que dix camions-bennes avaient pris feu en deux ans sur son territoire, à cause de déchets dangereux mal triés, comme des piles, des batteries ou des bouteilles de protoxyde d’azote. Dans ce cas, le capteur ne promet pas une révolution. Il doit aider les équipes à repérer plus vite ce qui n’aurait jamais dû finir dans la benne.

Ce ciblage répond à un problème qui dépasse l’Essonne. En France, le tri progresse, mais près de sept déchets sur dix encore présents dans la poubelle grise pourraient être orientés autrement. La poubelle jaune s’est imposée dans les habitudes, sans avoir supprimé les erreurs de tri. Grand Paris Sud tente donc une réponse plus fine: ne plus partir seulement des consignes, mais aussi de ce que les camions constatent pendant les tournées.

Le marché laisse encore des questions ouvertes. Que voient exactement les capteurs? À quelle échelle les erreurs sont-elles localisées? Combien de temps les données sont-elles conservées? Qui les consulte? Et comment les habitants seront-ils informés?

Le passage de six à 35 capteurs donne malgré tout une direction nette. La collecte des déchets devient aussi une affaire de logiciel, d’images et de données. Reste à vérifier que cette intelligence-là améliore vraiment le tri, sans oublier l’autre partie du système: les bacs, les tournées, les agents, et les habitants qui se demandent encore où jeter un vieux câble, un tee-shirt troué ou une pile morte.

Sources consultées
  1. BOAMP, avis n°26-52648, consulté via France MarchésAcquisition, installation et maintenance de capteurs, traitement et analyse de données par intelligence artificielle et mise à disposition d’une solution SAS pour la collecte et le tri des déchets
  2. Grand Paris SudRapport annuel 2024, service public d’élimination des déchets ménagers et assimilés
  3. Grand Paris SudSécuriser la collecte des déchets grâce à l’IA : Grand Paris Sud passe à l’action
  4. notre-environnement / Commissariat général au développement durableTri des déchets en France : en progrès mais peut mieux faire