À Massy-Palaiseau, à Évry-Courcouronnes, dans une galerie commerciale ou devant un site de bureaux, l’agent de sécurité est souvent le premier visage que l’on croise. Le métier est visible. Son accès, beaucoup moins.
En Essonne, France Travail recense 450 projets de recrutement d’agents de sécurité et de surveillance en 2026. Près de sept sur dix sont jugés difficiles par les employeurs. Ce ne sont pas des renforts d’été à trouver en urgence : la part saisonnière affichée est de 0 %.
C’est là qu’intervient l’accord signé pour trois ans entre France Travail, le Conseil national des activités privées de sécurité, Cheops-Cap emploi et les organisations de la branche. Le sujet n’est pas seulement d’attirer des candidats. Il est de transformer des candidatures en agents formés, autorisés et effectivement disponibles.
Car on ne place pas quelqu’un sur un poste de sécurité après un simple entretien. Pour exercer, il faut justifier d’une aptitude professionnelle et obtenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS, valable cinq ans. Avant la formation, une autorisation préalable ou provisoire peut aussi être nécessaire. Autrement dit : le secteur recrute, mais l’accès au métier reste filtré.
Le besoin essonnien s’inscrit dans une pression plus large. France Travail indique que l’Île-de-France concentre 43 % des effectifs de la sécurité privée en France. Dans un département de gares, de zones d’activité, de campus, d’hôpitaux et de commerces, cette concentration se voit vite dans les plannings.
Les parcours existent pourtant. France Travail recense par exemple à Évry une formation certifiante d’opérateur en vidéoprotection et télésurveillance, avec une session annoncée à partir du 22 juin 2026. La Faculté des métiers de l’Essonne a aussi développé à Évry-Courcouronnes un parcours vers le titre d’agent de prévention et de sécurité.
L’enjeu local est donc moins de promettre que “ça recrute” que de raccourcir le chemin entre l’offre affichée et l’agent en poste. En sécurité privée, il ne suffit pas de trouver quelqu’un pour occuper un poste. Il faut quelqu’un qui ait le droit de porter la carte.